«Nettoyage» de la rue des Carmes: le commissaire enquêteur y serait opposé
PATRIMOINE. (Mis à jour à 11h) L’avis du commissaire enquêteur en charge de l’enquête publique sur l’alignement de la rue des Carmes voulu par la municipalité orléanaise vient de tomber. Il serait, selon des sources proches du dossier, négatif concernant l’alignement et positif concernant la piétonisation. Ce double avis, s’il est confirmé par le document écrit qui se trouve toujours coincé dans la tuyauterie préfectorale, sonnerait comme un véritable désaveu pour la municipalité à majorité UMP. «J’espère profondément que ce rapport prend en compte ce que j’ai toujours défendu, à savoir que le tram circule rue des Carmes en site propre», confie Jean-Pierre Sueur qui dit ne pas avoir encore lu le fameux document. (Lire la suite...)
Pour Olivier Marchant, fondateur d’Aux Carmes Citoyens, l’association qui milite depuis trois ans pour la piétonisation de la rue et la protection de son patrimoine, la victoire est savoureuse. «C’est une victoire dans le sens où notre vision du dossier est partagée par le commissaire enquêteur. Il est venu in situ, a vraiment pris la température y compris auprès des gens qui y habitent. Il a donc pris sa décision en son âme et conscience». Selon Olivier Marchant, cette avancée pourrait faire tâche d’huile sur le reste des projets urbanistiques locaux: «Nous nous battons pour une rue plus agréable et une diminution de la prépondérance de la voiture en ville, comme ce fût le cas pour la rue de Bourgogne».
Dans l'opposition municipale, on ne mâche pas non plus sa satisfaction. «J’accueille cette nouvelle avec joie et soulagement», indique Corinne Leveleux-Teixeira, conseillère municipale socialiste et opposante à ce projet de destruction. «C’est aussi une bonne nouvelle sur le fonctionnement des outils démocratiques avec un commissaire qui a travaillé de manière indépendante, démontrant qu’il n’y avait aucun intérêt public à cette opération. Ce que la municipalité tente de démontrer depuis le début».
L’avis du commissaire enquêteur qui fait suite à l’enquête publique n’est que consultatif. Il peut être ou non suivi par le préfet qui délivre un avis final. En cas de contestation fort probable, les riverains, regroupés au sein de l’association Aux Carmes citoyens, auraient cet argument de poids pour se présenter devant le tribunal administratif. «Je ne vois pas le préfet assumer seul le fait d’aller à l’encontre d’un commissaire enquêteur et j’espère, que dans cette affaire, la raison va revenir et que l’on va enfin pouvoir parler de l’avenir de la rue des Carmes et non plus de sa destruction», conclut Corinne Leveleux-Teixeira.
Autant dire que dans le cas contraire, le dossier des Carmes serait loin d’être bouclé.
Mourad Guichard
> À lire également: "Rue des Carmes: l'enquête publique désavoue le maire d'Orléans" de notre confrère La Tribune de l'Art.



Fais gaffe Mourad, avec des reportages comme ceux là, tu risque de voir vite ton PC se faire ... "cambrioler" ;)
Rédigé par : unpavédanslaloire | 24/11/2010 à 21:27
Quand on compare le cout financier de cet alignement (déconstruction puis « reconstitution » des façades) pour le contribuable par rapport au bienfait (permettre aux automobiles et Tram de coexister dans cette rue) je ne suis pas sur que le rapport qualité prix soit très élevé ? Par contre pour les opérations immobilières privées qui vont surement suivre derrière tout ca je suis moins inquiet pour leur porte monnaie que pour celui-ci du contribuable. En somme c’est comme d’habitude on collectivise les pertes et privatise les bénéfices.
Faire passer le Tram Est-Ouest en plein centre ville au lieu de suivre les mails est pour moi une connerie monumentale et couteuse (par les mails il me semble que les points stratégiques étaient aussi bien desservi sinon mieux (Gare SNCF, Médiathèque, Ancien Hôpital, etc.…) et on aurai aussi pu se passer de l’APS). Et cela n’aurai pas empêche de ravaler/restaurer les façades digne d’intérêt de la rue des carmes par ailleurs et d’y laisser circuler les voitures ou même de rendre la rue piétonne.
Rédigé par : Franck | 23/11/2010 à 17:39
Mais pour qui se prend ce commissaire-enquêteur ?
Alors, comme ça à Orléans, on aurait plus le droit de faire de la spéculation immobilière en rénovant des rues populaires avec de l'argent public et en contournant les règlements en vigueur ?
Et l'Agglo ne pourrait pas continuer à s'endetter encore un peu plus ? On n'est qu'à 400 millions d'Euros et les poches des familles sont pleines, voyons !
Non, vraiment, c'est à vous dégouter de la chose publique...
Rédigé par : L'affreux Jojo | 23/11/2010 à 16:51
@ Minijack
Si, si j'aime bien votre humour, vous me faites rire ....
Celle là en particulier, "il n'est pas démocratique d'imaginer que les autres devraient être privés d'accéder aux quartiers des commerces de luxe. Cette idée relève à 100% de l'utopie collectiviste des années 50"....
Oublions un instant l'opposition municipale, la plupart des personnes qui s'opposent à se projet, le font pour des raisons patrimoniales et non politiciennes, il serait temps de commencer à l'admettre.
Trancher dans le vif, trancher dans le vif ! C'est ce qu'a fait Secretain pour le bas de la Charpenterie ! Belle réussite ! Alors, si on pouvait éviter de recommencer les mêmes erreurs.
Quant à votre discours sur la voiture, sa pollution et son futur, j'y souscris en partie. Mais si je m'écoutais je pourrais vous suggérer l'idée que ce n'est pas la seule nuisance générée par la voiture. Il faudrait retrouver par exemple l'habitude de se servir de ses jambes pour faire 200m, c'est excellent pour la santé. Se bouger un peu le croupion, n'a jamais fait de mal à personne ! De plus, la marche à pied, tout comme le vélo, favorise les rencontres et le lien social et offre une vue à 180°.
Après, je dis ça, je dis rien....Chacun est libre d'utiliser sa voiture comme il l'entend, la considérer comme un instrument de liberté est juste un peu relatif....
Rédigé par : clint | 23/11/2010 à 14:33
@Lamedefond
Un journaliste se doit de rapporter les faits bruts. Moi je ne suis pas journaliste, je peux donc me permettre de dire en toute liberté ce que j'en pense, et pourquoi pas ironiser autour.
@Jeanne d'Arc, Clint,
Désolé que nous n'ayons pas le même humour, et visiblement pas non plus le même sens des valeurs.
En vérité, mon sarcasme ne visait pas spécialement ce que vous appelez "le bon fonctionnement des institutions de protection" pour la bonne raison qu'il n'existe pas de protection contre la bêtise.
Depuis des années qu'on en parle, cette affaire m'amuse et m'attriste à la fois parce qu'en se disputant pour des raisons bêtement politiciennes on ne s'attache pas aux véritables nécessités :
Une ville n'a pas vocation à devenir un musée, et on doit en permanence trancher dans le vif pour ne pas insulter l'avenir tout en préservant le passé.
Vous trouvez une contradiction entre le fait de prêcher l'écologie et vouloir que la rue des Carmes continue d'être circulante. Moi je n'en vois pas.
En tant qu'instrument de liberté, l'ennemi n'est pas la voiture c'est sa motorisation actuelle.
Les Transports en Commun sont certes utiles mais ne peuvent assurer à eux seuls les besoins d'une population.
Sauf à distribuer à quelques privilégiés d'un régime des laisser-passer pour leurs véhicules de fonction, il n'est pas démocratique d'imaginer que les autres devraient être privés d'accéder aux quartiers des commerces de luxe. Cette idée relève à 100% de l'utopie collectiviste des années 50.
Par contre, si demain toutes les voitures fonctionnent à l'électricité -- ou mieux, à l'air comprimé -- on peut parfaitement conserver l'autonomie de chacun tout en assainissant l'atmosphère des centre-villes.
Il n'y a donc selon moi aucune contradiction. Par contre il faut de sérieux changements quant aux habitudes de consommation et refuser le dictat des trusts pétroliers ou automobiles qui voudraient nous faire croire que les seules améliorations possibles portent sur les produits qu'ils fabriquent ou contrôlent. Qui peut croire qu'un moteur électrique coûte plus cher à fabriquer qu'un moteur à explosion ? Qui peut croire qu'il est nécessaire d'y mettre des prises de courant spécifiques, que personne n'a chez soi, et qu'il est donc nécessaire d'installer près de 4 millions de stations avant de lancer le véhicule électrique ? Qui pense encore que l'avenir est aux véhicules hybrides et que les carburants dits "bio" sont l'avenir de l'agriculture ?
C'est tout ça qu'il faut changer. Pas la liberté de circulation autonome !
Rédigé par : minijack | 23/11/2010 à 12:53
Mais minijack il sait tout mieux que tout le monde, quand il faut défendre la droite il peut être urbaniste, architecte, maçon, représentant de l'intérêt public de la ville (rires) et tout ce que vous voulez...si seulement il pouvait déjà faire correctement son métier de journaliste.
Rédigé par : Lame de fond | 23/11/2010 à 10:45
Personnellement, je vous imaginerais plutôt commissaire......du peuple, mon bon Minijack !
Vous êtes impayable !
La, ça fait quand même pas mal "d'experts" qui partagent le même avis : architectes, enquêteur, archéologues, responsables patrimoniaux....
Il n'y a que vos deux experts idolâtrés dans la partie adverse. En l'occurence, même comme experts-compatables, je n'en voudrais pas, vu la gabegie financière projetée..
Rédigé par : clint | 22/11/2010 à 21:48
Minijack, même quand vous n'avez rien à dire, vous ne pouvez vous empêcher de l'ouvrir, au risque de sombrer dans l'ironie sans la moindre dose d'humour.
Dans cette affaire, pourquoi ne vous félicitez-vous pas simplement du bon fonctionnement des organes de protection qui œuvrent justement pour le bien public ?
Sur le fond de l'affaire, si on peut légitimement douter de la qualité des ouvrages défendus (parce que franchement, les fameuses façades sont plutôt piteuses dans leur état actuel), force est de reconnaître que ces travaux titanesques et coûteux n'auraient pas rapporté grand chose, à part pérenniser la place de la voiture en centre ville. Vous qui vous targuiez il y a quelques mois d'être écolo, pourquoi revirez-vous soudainement ?
Rédigé par : Jeanne d'A... | 22/11/2010 à 21:46
bravo.......je suis ravie
Rédigé par : eloie | 22/11/2010 à 21:34
Elle est fascinante cette opposition municipale: on dirait qu'il n'y a qu'une élue (allez, de temps en temps on pourrait penser qu'ils sont deux). Ils font quoi les autres, ils sont tellement actifs sur le fond qu'ils peuvent pas communiquer? Ils ont pas d'idées? Ils sont baillonnés? Ils existent au moins..?
Rédigé par : L.ap | 22/11/2010 à 20:53
Si c'est le cas ça serait une très belle victoire pour le patrimoine d'Orléans, la continuité de la rue de Bourgogne en rue piétonne ne peut, à mon avis, que favoriser le dynamisme du quartier des Carmes. Avec le prix que cette "alignement" aurait couté, la ville pourrait faire des économies et pourquoi pas réinvestir une part pour retaper un peu ces immeubles et/ou enfin créer un lieu culturel (c'est pas interdit de rêver^^). Reste à voir ce qu'en dit le préfet...
Rédigé par : Lame de fond | 22/11/2010 à 19:20
C'est quoi un "commissaire enquêteur" ?...
Il est nommé par qui et pour quoi faire ?...
Que vaut un tel "avis" face à l'intérêt public ?...
Ca me rappelle furieusement les batailles d'experts auprès des tribunaux qui sont bien souvent d'avis différents selon qu'ils sont appelés à la barre par les parties adverses.
Heu... A qui faut-il que je m'adresse pour être moi aussi nommé "commissaire-enquêteur" ?... ;c)
Rédigé par : minijack | 22/11/2010 à 19:17
BRAVO !
Rédigé par : BCT | 22/11/2010 à 18:53
Je n'ai cure de cette rue des Carmes dans laquelle se noie la bonne ville. La chèvre danse et le tramway passe, les anglaises se frisent et les usagers s'arrachent les cheveux. Bientôt la tranchée ira jusqu'aux halles pour faire de ce trou le tombeau symbolique de notre ami le maire.
Rédigé par : Achille zatstrrouffard | 22/11/2010 à 17:45