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  • JEAN-PIERRE SUEUR EN CHINE
    Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste du Loiret, participe à une délégation officielle, de l’Assemblée nationale et du Sénat qui se rend en Chine du 24 août au 2 septembre. Au cours de ce déplacement, il devrait se concentrer sur le thème des villes du futur, sujet sur lequel il prépare un rapport pour la délégation à la Prospective du Sénat.
  • COMMERCIAL, C'EST UN MÉTIER...
    Dans son édition du 30 juin, l'hebdo gratuit d'Orléans évoque confraternellement la présence du "sulfureux Mourad Guichard" à l'anniversaire du Journal de la Sologne. Entre autres passages de pommade à tout le gratin local ("éclatant", "jovial", "rayonnante"), il salue, en la personne de la rédactrice en chef, "la reine de Chambord" et qualifie la fête de "splendide à l'image du Journal de la Sologne". Si après tous ces efforts, il ne décroche pas un contrat publicitaire...
  • CARNET ROSE CHEZ RADIO FRANCE
    Depuis le 1er juin 2010, le réseau France Bleu compte un nouveau rejeton en la locale de France Bleu Maine (42e du nom) qui émet, au Mans, sur 96 FM. LibéOrléans lui souhaite la bienvenue.
  • COMMENTAIRES: LES DERNIERS SERONT LES PREMIERS
    Pour répondre à l'étonnement de plusieurs lecteurs, une petite confirmation s'impose: les commentaires sur LibéOrléans ont bien été inversés. Désormais, les plus récents se trouvent en haut du panier, ceci afin de rendre plus évidente l'apparition des dernières contributions.
  • UNE RÉVISION POUR MIS ET THIENNOT
    Le site Internet officiel du comité de soutien à Mis et Thiennot a ouvert sa fenêtre. Il est accessible à l'adresse suivante: misetthiennot.org Les soutiens à Mis et Thiennot réclament toujours la révision du procès initial.
  • CÔTÉ PLUMARD?
    Miguel Teixeira, l'animateur du blog Côté Boulevard, vient d'en annoncer la fermeture. Après plusieurs années passées derrière son clavier, va-t-il réellement raccrocher sa souris? À suivre...
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    Quand un cadre des Verts orléanais, spécialiste des questions européennes, dissèque un éditorial très approximatif sur l'Europe, ça donne ceci: blog de Philippe Deloire.
  • ORLÉANS OCCUPÉE VUE PAR SOULAS
    Le musée des beaux-arts d'Orléans et l'association "Louis-Joseph Soulas, mémoire d'une terre gravée", présentent du 30 mars au 20 juin 2010 une exposition de gravures et de dessins de L-J. Soulas baptisée "Orléans pendant la seconde guerre mondiale".
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18/02/2010

François Bordry – Jacques Glassman, même combat

LIBE FRANCOIS BANDEAU
RÉGIONALES
. François Bordry est à la politique régionale ce que Jacques Glassman est au football. L'intéressé (connu pour son allergie aux sports de compétition) ne doit pas comprendre le sens de cette comparaison. Rappelons-lui que Jacques Glassman a eu aussi le courage de dénoncer les turpitudes de son milieu au nom d'une certaine morale sans en tirer le moindre profit, bien au contraire. (Lire la suite...)

Joueur dans l'équipe de Valenciennes, Jacques Glassman a, en mai 1993, à l'issue d'un match contre le grand Olympique de Marseille, a alerté les médias et la justice sur des tentatives de corruption dont étaient victimes plusieurs de ses partenaires. Par la suite, sa carrière a périclité et sa vie de footballeur a été perturbée par tous les «gueulards» des stades aux yeux de qui il passait pour une balance.

François Bordry n'a pas participé à un match truqué mais à une élection, celle du dimanche 15 mars 1998.

Son camp -la droite UDF/RPR- n'a pas obtenu la majorité absolue des sièges au soir de l'unique tour de scrutin.  Conformément à ses promesses, son leader doit renoncer à la présidence de l'assemblée, excluant toute alliance avec le Front National. Or, le soir des élections un autre scénario se dessine.

Les conjurés se réunissent une première fois, le lundi 16 mars, au Novotel de La Source. La plupart des protagonistes y sont présents. L'heure n'est déjà plus à l'analyse de l'échec du scrutin mais à l'action. L'élection du président est programmée quatre jours plus tard. L'heure n'est pas non plus aux débats, puisque la perspective de collaborer avec le Front National pour empêcher la gauche de diriger la Région, est acquise. Une réunion préparatoire a eu lieu dans le Cher quelques jours avant le scrutin proprement dit entre des dirigeants du Front National et des représentants du RPR et de l'UDF.

Renaud Donnedieu de Vabres, chef de file de la droite, rappelle à ses colistiers qu'il ne peut pas briguer le poste de président compte tenu de ses engagements. Dans ses rangs, on lui fait comprendre que cette promesse n'engage que lui et l'intéressé semble l'admettre par son silence. Jacqueline Gourault adopte cette ligne de conduite. François Bordry le déplore publiquement et leur demande à tous deux de s'engager plus avant afin d'empêcher une alliance qu'il juge contraire à l'éthique républicaine. Le premier visé lui explique ne pas vouloir jouer le rôle du berger ramenant les brebis égarées dans le droit chemin; quant à la seconde, elle attend de Bayrou des consignes sur la ligne de conduite à tenir!

Poor lonesome cowboy... François Bordry se voit contraint de dégainer ses arguments devant la presse, le lendemain de cette réunion, en donnant les noms des principaux conspirateurs.

À la même heure, Yves Fromion reçoit, dans son appartement parisien, les dirigeants du FN pour régler les derniers problèmes d'intendance.

La voix de François Bordry porte, elle arrive même aux oreilles de Philippe Seguin, alors patron du RPR. Il l'appelle le soir-même de sa conférence de presse sur son portable (comment a-t-il eu son numéro ?) pour le féliciter pour son acte de résistance. Il l'encourage à poursuivre son travail de sape auprès des adhérents centristes et il s'engage à faire de même auprès des élus RPR.

Mercredi, une nouvelle réunion des élus RPR et UDF est prévue à la Région. Renaud Donnedieu de Vabres appelle le matin François Bordry pour le dissuader d'y venir. Il connaît ses troupes et redoute des débordements. François Bordry veut en avoir le cœur net et se présente à la porte de la réunion à l'heure prévue. L'accueil est des plus hostiles et son «ami» Alain Tanton se montre le plus vindicatif.

Pour éviter que cette réunion orléanaise ne tourne au vinaigre, l'empêcheur de «voter en Front» bat en retraite.

S'il avait insisté, en seraient-il venus aux mains?

François Bordry en reste persuadé. Témoin de la détermination farouche de ce groupe et l'absence totale de garde-fous (et de garde-folles), François Bordry comprend que rien n'arrêtera la machine. Mieux vaut, pense-t-il, la laisser s'emballer pour qu'elle aille le plus vite possible au fossé. La politique du pire s'enclenche le vendredi 20 mars avec l'élection au troisième tour de Bernard Harang, après que Marie-France Stirbois ait retiré sa candidature et invité ses 12 colistiers à rejoindre les 23 partisans de Bernard Harang (sur un potentiel de 30 voix).

Le 23 mars, après un week-end de tractations, le Front National obtient la juste récompense de son soutien en décrochant 8 des 20 postes de la commission permanente (la gauche refusant de participer à cette désignation).

François Bordry assiste impuissant à ce partage de l'exécutif.

Pourtant, à la veille de l'élection du président, il a reçu une lettre personnelle de Jacques Chirac. Dans la même veine que l'appel de Philippe Seguin, le Président de la République le félicitait de ses initiatives et s'associait à son combat contre le Front National décrit comme un parti «raciste et xénophobe». François Bordry fait circuler cette lettre auprès de ses colistiers avec l'espoir que... Peine perdue, les troupes sont devenues incontrôlables. Ce courrier doit toutefois déranger, car François Bordry constate en fin de journée qu'on le lui a dérobé dans son sac, durant la séance. Prévenant, les copies avaient été faites et expédiées aux différents journaux.

Lorsqu'il apprend que des manifestations sont organisées à Bourges, à Tours et à Orléans, François Bordry décide de participer à la dernière d'entre elles le mercredi 25 mars. Son rêve est d'avoir à ses côtés Maurice Dousset. Il sait que l'ancien président, privé d'élection pour cause d'inéligibilité a suivi de près ce scrutin. Il était présent à l'hôtel de Région le soir des résultats et fut l'un des premiers à féliciter Michel Sapin, à ses yeux, futur président. Quant à son aversion pour les idées du Front National, elle est connue. Sa présence en tête du cortège aurait porté un coup fatal à l'équipée du 20 mars. François Bordry n'est pas parvenu à convaincre l'ancien président de le rejoindre et il sera le seul élu régional de son camp à défiler pour demander la démission de Bernard Harang. Dans le cortège, comme sur les trottoirs, il se réjouit de constater que si la gauche est venue en force, il a, à ses côtés, de nombreux élus locaux de son «bord» attachés aux valeurs de la République. Il reçoit de nombreux témoignages de félicitations de la part de gens se réclamant de sa famille politique et notamment des responsables orléanais de l'enseignement catholique.

Cela le conforte dans ses choix et l'aide à affronter les épreuves à venir et en particulier la tumultueuse réunion du vendredi 27 mars au cours de laquelle Bernard Harang finit par démissionner.

Les supporters de l'ultra droite et de l'extrême droite envahissent, pour l'occasion, la salle et se comportent en mauvais perdants. La principale cible de leurs slogans haineux se trouve être François Bordry. Les menaces physiques deviennent si précises qu'il doit se résoudre à demander une protection au Préfet Barrel. C'est entouré de deux gendarmes qu'il quitte l'hémicycle sous les huées des amis de Bernard Harang lancés dans un ultime baroud de déshonneur.

Le premier qui dit la vérité a failli ce jour-là être exécuté.

Il le sera dans les semaines suivantes mais de façon plus soft.

François Bordry classe à la rubrique «faits aussi insignifiants que leurs auteurs» l'attitude d'Annick Courtat et de Monique Bévière qui va consister à ne plus le saluer ni lui adresser la parole durant les six années de mandat.

Plus sérieuse est la décision de sa formation politique, l'UDF, de l'exclure de ses rangs. Motif officiel: le RPR l'exige et en fait un préalable à toutes discussions en vue de former un groupe commun. Motif officieux: la pas très catholique Jacqueline Gourault rêve de lui ravir la place de président de groupe, ce qu'elle fera dès son éviction.

Michel Sapin, une fois élu à la tête de la Région, propose à François Bordry une présidence de commission. Il décline cette offre. Pour lui, le fait d'avoir combattu les idées du Front National au nom des grands principes républicains, ne l'amène pas pour autant à rallier le parti socialiste.

Par intérêt personnel, il demande et obtient une place (très peu convoitée) à la commission culture et il est élu au poste de président du FRAC (Fond Régional d'Art Contemporain). Cette responsabilité lui va à ravir, vu qu'il se passionne depuis longtemps pour ces disciplines et voit dans le rayonnement culturel, la meilleure arme contre le totalitarisme, synonyme d'obscurantisme. C'est en tant que président du FRAC qu'il donnera naissance à une manifestation de très grande renommée: ARCHILAB.

Contrairement à bon nombre d'élus en quête perpétuelle de mandats, François Bordry n'attend pas après la politique pour vivre et s'épanouir. Dès 1994, il a été nommé à la tête de VNF, organisme public qui gère les voies navigables. Durant ces trois mandats, il s'occupera notamment de la mise en place d'une liaison entre la Seine et les canaux du Nord, il obtiendra le classement du Canal du Midi au patrimoine de l'UNESCO ou encore la rénovation du port fluvial de Lyon. C'est ce dernier chantier dont François Bordry est le plus fier. Cette friche industrielle,  propriété de VNF, la ville de Lyon voulait l'acheter pour quelques rondelles de rosette. Il a refusé de la brader, préférant en faire un nouveau quartier. Pour cela il a laissé carte blanche à de jeunes architectes (découverts dans le cadre d'ARCHILAB) qui ont exprimé tous leurs talents. C'est désormais dans ces bâtiments aux lignes futuristes que se tient la biennale de Lyon, l'une des manifestations d'arts contemporains les plus cotées au monde. François Bordry en est d'ailleurs le vice-président.

Depuis qu'il a quitté VNF en juillet 2008, François Bordry travaille pour le compte du Ministère de l'Environnement et du Développement Durable en tant qu'Inspecteur Général. Sa mission consacrée aux transports routiers lui a valu un article flatteur dans le journal La Croix paru le 21 janvier dernier.

Et la politique? Il semble avoir tiré un trait sur ses ambitions après avoir touché aux limites de son masochisme. Cela s'est passé début 2004 lorsque Charles-Éric Lemaignen, tête de liste de la droite dans le Loiret, lui a expliqué qu'il ne figurerait pas sur sa liste, tout comme Bernard Harang, après ce qui s'était passé en 1998.

Il se tient désormais à l'écart de toutes les tentations électorales. Pour ne pas partir sur une mauvaise impression, il a tenu à se «colleter» aux réalités de son terroir de Puiseaux. Lui qui a travaillé au Parlement Européen aux côtés de sa première présidente, Simone Veil, a accepté de consacrer son temps et son sens de la diplomatie, à la création de la communauté de communes de Puiseaux de 2004 à 2008.

Il a aujourd'hui le temps de se soumettre à la tentation de Venise -chère à Alain Juppé- et rejoindre, durant ses loisirs, une ville qui lui tient doublement à cœur: pour ses canaux et son patrimoine artistique.

Et que devient Jacques Glassman? Lui aussi il va bien. Après avoir arrêté sa carrière de footballeur il travaille comme conseiller auprès de la LFP. Il a écrit un ouvrage «Foot et moi la paix». Tout un art... de vivre.

F.P.

> Les précédentes chroniques de François Puyo à retrouver en rubriques Politique et Élections régionales de LibéOrléans

Commentaires

Très bel article.

J'ai vécu de près ce moment puisque mon père, conseiller général UDF d'Olivet a défilé dans Orléans avec F. Bordry et les élus de gauche ...ce qui n'était pas trop bien vu à l'époque.

Comme beaucoup d'hommes et femmes politiques, François a tiré quelques marrons du feu de cette action, et plutôt bien piloté sa carrière ensuite.

Il a fait un très bon boulot à VNF.

Beau témoignage en effet, sauf que bientôt la revanche d'un ancien FN est envisagée.

Chapeau à l' auteur de cet article parfaitement informé et oh combien rafraichissant en ces temps de régionales ! Pour avoir participé en première ligne, aux côtés de François BORDRY à la manifestation orléanaise du 25 mars 1998; voir la photo en page 3 de la République du Centre du lendemain , j' affirme à nouveau à ce jour que nous avons défendu publiquement la seule voie honorable possible . A nos côtés aussi , les jeunes militants du Loiret de Force Démocrate , notre formation politique créée fin 1995 par François Bayrou , ces jeunes distribuaient des répliques de cartes d' électeurs avec en mention de surcharge :" électeurs trompés !" Donc , aujourd'hui il reste d' actualité de reprendre la formule parfaitement explicite de François Bordry à ce moment crucial : " nous nous gardons les fesses propres ". Alors , bientôt certains dinosores politiques de 1998 quitteront la scène tel qu' Alain TANTON que l' on ne reverra plus au Conseil Régional ou Jacqueline GOURAULT dont le confortable fauteuil de sénatrice est devenu " éjectable " au prochain renouvellement ; il est vrai qu' à peine élue à la Région en 2004 , elle avait immédiatement démissionné,dépitée de ne pas pouvoir présider cette assemblée et , au mépris des électeurs qui avaient voté pour elle . Pour conclure 1998 n' est pas oublié , il en reste des traces , c' est sûr . De Régis Réguigne ,conseiller régional FD sortant en 1998 , et sorti par"les siens" pour le renouvellement car " non récupérable" d' avance pour toute tractation avec le parti qualifié à, sa façon, par le Président Jacques CHIRAC .

François Bordry n'a certes pas manqué de courage. Il a été l'un des seuls à sauver l'honneur des centristes et de la droite républicaine lors de ces funestes élections.

Beaucoup de militants et sympathisants de droite et du centre, l'ont d'ailleurs soutenu dans sa démarche à l'époque. Certains par aversion pour le Front national, d'autres car ils étaient tout simplement convaincus qu'une telle alliance, même si elle ne signifiait pas l'alignement de la droite sur les idées du FN, était vouée à l'échec et serait à jamais une tâche indélébile sur la droite régionale.

C'est triste de voir que même dans son camps, à part RDDV et Maurice Dousset, ils n'a pas eu de réel soutien. Tanton et Gourault que l'on retrouve aujourd'hui au MoDem ont été d'une rare lâcheté dans cette affaire...

Cela dit, un bémol sur votre article. Quand vous dites que François Bordry ne cherchaient pas de retour politique à sa démarche, je pense que ce n'est pas tout à fait vrai. Il est à peu près certain qu'il n'aurait pas pu conserver son poste de président des VNF s'il n'avait pas agit comme il l'a fait.

Beau temoignage pour ne pas desesperer

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