Slow Food: comme un goût de reviens-y
À l’origine de ce salon, l’association Slow Food, mouvement international né en Italie qui réunit désormais plus de 100 000 membres dans 150 pays. Lors de sa création il y a vingt ans, l’association regroupait «de fins gourmets hédonistes opposés à l’installation des fast-foods en Italie, à l’homogénéisation des goûts», explique Lucia Penazzi, porte-parole de la branche française du réseau. «Ils ont progressivement réalisé que pour bien manger, bien cuisiner, il fallait trouver de bons produits, ce qui devenait difficile puisque l’agro-industrie raréfie les ressources et éteint les savoir-faire traditionnels.»
Durable. De la promotion de produits bons et sains, Slow Food a approfondi sa vision au-delà des assiettes pour se muer en un mouvement de défense de la biodiversité alimentaire et d’une agriculture vivrière, traditionnelle et durable. Persuadé que, sans mettre en péril l’équilibre nutritionnel, lorsqu’une race de vaches ou une espèce de tomates disparaît, c’est un peu de notre identité culturelle que l’on perd, renonçant à un éventail de saveurs, à des paysages façonnés au fil des siècles par les paysans ainsi qu’au patrimoine génétique qu’ils ont créé à force de milliers de sélections. Ainsi ont été mises sur pied, à son initiative, il y a dix ans des «Sentinelles du goût» autour de produits «bons, traditionnels et menacés».L’idée? Lutter contre l’extinction de quelques pépites du patrimoine gustatif mondial, qu’il s’agisse de grandes charcuteries ou d’anciennes variétés de fruits. Pas une mise sous cloche, mais de vrais projets de relance. Le réseau assiste les agriculteurs techniquement, participe à leurs recherches de subventions, et surtout les aide à diffuser et à valoriser leurs produits. Notamment dans son réseau de grandes tables.
Coucou. Si le monde abrite désormais 300 sentinelles estampillées Slow Food, la France s’y est récemment mise. Et en compte depuis onze : le navet noir de Pardailhan (Hérault), les vins rancios secs du Roussillon, la volaille Coucou de Rennes… «Bien sûr, on ne sauvera pas tout, explique Gilbert Dalla Rosa, responsable de Slow Food Béarn, mais ces exemples montrent que ces produits, d’une grande qualité gustative, produits à petite échelle, peuvent être rentables et faire vivre des paysans.»À Tours, on pourra s’en régaler. Et franchir les frontières avec le vignoble grec Mavrotragano de Santorin, réduit à quelques plantes de la rare variété rouge, ou le pain d’Altamura en Italie, cuit au feu de bois, aux arômes grillés vanillés. Ou encore la ricotta affinée dans le foin…
Éliane Patriarca(1) jusqu’à lundi. www.eurogusto.org





Un excellent dimanche passé sur ce salon: des produits de qualité, des rencontres de personnes intéressantes venant de toute l'Europe, des ateliers du goût riches, et sans oublier l'oenothèque (avec modération), ...
Eurogusto reviendra à Tours en 2011 !
En attendant n'hésitez pas à découvrir les activités de Slowfood en région Centre (3 groupes autour de Tours, Montargis et Sologne/Sancerre)
Rédigé par: Jean-Pierre | 01/12/2009 à 10:32
Excellente initiative de promotion de produits rares
Quelques pépites slow-food sont visibles sur le site www.bienmanger.com
Rédigé par: chaudier | 03/12/2009 à 15:06