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24/11/2009

À Orléans, une manif comme «levier de reconstruction du mouvement social»

IMG_2010 SOCIAL. À Orléans, la manifestation contre «la casse généralisée du service public», en particulier dans l’éducation nationale et à La Poste, a réuni, mardi après-midi dans les rues de la ville, près de 600 personnes parmi lesquelles de nombreux enseignants des premiers et seconds degrés, des étudiants, des postiers et quelques élus (PC, PS, LO, NPA). Une participation très moyenne, mais à laquelle les syndicats semblaient s’attendre. «Il ne faut pas s’arrêter aux chiffres du rectorat qui constituent une véritable arnaque», prévient Emmanuelle Kraemer, co-secrétaire départementale de la FSU pour le Loiret. (Lire la suite...)

«Ses services comptent le nombre de manifestants au regard des effectifs totaux et non des agents attendus ce jour-là. Par ailleurs, il faut considérer cette grève comme un levier de reconstruction du mouvement social. À partir de là, un plan national d’action va pouvoir se mettre en place», insiste-t-elle.

Tout comme sa consoeur syndicale, Jean-Marc Vinauger, militant à Sud Éducation, tient à relativiser cette question du nombre: «Les actions comme celle-ci arrivent avant la négociation. Plusieurs syndicats veulent remiser la grève au rayon des accessoires. Nous, nous estimons que s’il y a des besoins de réformes, elles doivent se faire dans la concertation. Et la grève sert à asseoir le rapport de force entre enseignants et gouvernement». L'enseignant ne se dit cependant pas dupe sur la volonté du gouvernement Fillon: «Ils organisent une casse généralisée du service public, point».

Et au fait, la participation? Entre 30% et 40% (premier et second degré) selon les syndicats et... 10% selon le rectorat académique.

Mourad Guichard

Commentaires

Ce qui est implacablement logique c'est bien que les partenaires de tous les ministères qui se sont succédés ont toujours été les syndicats. Syndicats qui maîtrisent en effet bien plus souvent leur sujet que les ministres qu'on leur donne comme partenaire. Que penser d'un Darcos qui a, en guise de référence, une incapacité à poser la règle de trois, une méconnaissance du passé antérieur (http://www.politique.net/2008040702-xavier-darcos-devrait-reviser-sa-conjugaison-grand-journal-canal-plus.htm) , une inculpation pour fraude à l'examen (http://www.lesmotsontunsens.com/xavier-darcos-inculpe-inculpation-pour-fraude-fuites-au-bac-baccalaureat-en-1982) et des déclarations aussi honteuses que stupides sur l'école maternelle ?
Et il paraît qu'il était spécialiste lui, qu'il connaissait le métier, contrairement à beaucoup d'autres.

Alors, si Matéo et Popaul s'accordent tous deux pour penser que les syndicats ne veulent rien changer, je le regrette vraiment. Mais visiblement, ils ne me feront pas foi de prétendre le contraire.

Ce qui est à l'oeuvre à l'heure actuelle, c'est une logique d'épuration économique, laquelle se traduit concrètement par des professeurs d'allemand en dépression longue durée, éreintés d'avoir à subir les doubles nominations à 90 Km sans frais de déplacement.
Mais tous deux s'en moquent, leurs enfants ont choisi anglais.
On peut citer également l'équivalent d'une année scolaire en moins de cours de français (heures d'enseigement perdues en 30 ans de réformettes) pour un cursus de la 6° à la 3°.
Mais tous deux s'en moquent, leurs enfants assument leur langage SMS.
Peut-être tous deux payent-ils des heures supplémentaires de soutien à leurs enfants lorsque l'un de leurs professeurs est en congé maladie longue durée (Mon dieu ! Quelle horreur ! Les professeurs sont des humains comme les autres !) et que le rectorat est incapable de nommer quelqu'un, faute de personnel qualifié ?
Et puis dans le fond, de quoi les enseignants se plaignent-ils ? De devoir assumer le B2I (avec 15 postes pour 500 élèves), le HDA, l'orientation, le suivi social des enfants et de leurs parents, d'avoir à rappeler sans arrêt les parents à leur devoir et responsabilité, remplir toujours plus de dossiers, valider le socle de compétences à des élèves qui méritéraient en premier lieu un bon coup de pied au derrière, multiplier les évaluations pour garder la motivation des élèves, etc... tout ça sans la moindre prise en compte, financière ou en heures, de la charge supplémentaire de travail ? Allons bon, vous plaisantez ! Ils sont si souvent en vacances, ils peuvent bien marner un tant soit peu !

Proposez-leur également de ne plus les former mais de les recruter à niveau supérieur. C'est la réalité : des décisions chaque fois plus idiotes et sans considération de la réalité scolaire.

Le problème n'est pas de changer pour changer. Taxez-moi de stalilisme lénifiant ou autre joyeuseté si vous le souhaitez, vous n'avez effectivement pas idée de ce que représente le vécu d'un enseignant. Et quand les malheureux, confiants dans l'idée du partenariat éducatif qui doit diriger tout contrat entre eux et les parents, la nation, vous interpellent, ce n'est pas pour vous emmerder, mais bien parce qu'ils sont inquiets de leur devenir, et surtout de celui de la mission qui leur est confiée.

Matéo, vous voulez parler du « comment faire mieux », allez rencontrer dans les établissements, les supérieurs et les équipes péda. Convainquez-les de dégager 1 seule heure par semaine pour évoquer les progressions pédas et le parcours des élèves.

Vous aurez déjà soulevé une montagne.

@ Yan O Nym
Absurdité, non-sens, absence de maîtrise du sujet... En quelques termes choisis, on renifle le stalinien de l'EN, avec un mépris qui se veut hautain mais qui n'est que dérisoire, de tout ce qui peut ressembler à une contradiction.
Il reste, noyé dans le brouillard de la doxa léniniste et lénifiante, quelques morceaux de bravoure : "Prétendre que les syndicats prônent l'immobilisme est un non-sens puisqu'ils sont les interlocuteurs privilégiés des institutions...". Effectivement, la démonstration est implacable ! Ce n'est plus de la langue de bois, c'est de la langue en béton armé.

Heureux de lire sous la plume de Yan O Nym que si certain ne maîtrise pas leur sujet, lui sait.

La preuve ? Sa preuve, elle est MA-GIS-TRA-LE !!

« Prétendre que les syndicats prônent l'immobilisme est un non-sens puisqu'ils sont les interlocuteurs privilégiés des institutions ».

Ah bon, parce qu’être l’interlocuteur des pouvoirs publics fait nécessairement des syndicats des parangons du « mouvement » ? Comme si le fait d’être l’interlocuteur officiel et légal du gouvernement vous dédouanait des accusations d’immobilisme. A moins de ne pas mettre les mêmes concepts derrière les mots, on cherche encore à cette heure le « non-sens » que contiendraient les propos des deux internautes incriminés. Désolé Yan, votre démonstratrion n’est pas lumineuse, comme le reste de votre propos d’ailleurs.

Concernant l’Education Nationale, et sans user effectivement des poncifs sur la fainéantise supposée des enseignants, il faut les avoir bien accrochés pour écrire : « la stratégie de démantèlement d’un système efficace ». Il vous aurait visiblement échappé que le merveilleux système éducatif franco-français qui baigne dans son jus depuis 30 ans générerait chaque année pas moins de 150 000 élèves qui sortent de l’institution sans aucun diplôme, ni aucune qualification. Pas de quoi hurler aux charrons sur les enseignants (encore une fois) mais juste de quoi s’interroger. On sait qu’à votre bord, la performance ne peut être liée qu’au quantitatif : si la performance du système décroit, c’est que moyens (financiers) et effectifs diminuent. CQFD.

Si l’augmentation des effectifs et des moyens étaient garants de l’augmentation de la performance, cela se saurait. Une classe de 20 élèves n’est nullement garante de l’effectivité des apprentissages et de la transmission des savoirs, et des classes de 40 élèves ne connaissent aucune difficulté d’attention, de discipline, et d’apprentissage dans de bonnes conditions. Pour faire un parallèle sarkozien, l’acharnement de ce dernier à nous augmenter les effectifs de police n’a pas eu à ce jour d’effet sur la baisse des violences faites aux personnes. Le point discriminant est la qualité, la façon dont on bosse, les méthodes, l’organisation, et les modalités de fonctionnement, toutes notions qualitatives et non quantitatives.

On peut tout au plus tomber d’accord sur l’idée d’un système coûteux, dans la mesure où à ce jour le rapport qualité-prix de l’Education Nationale est calamiteux. Qu’il coûte, cela est certain et admis par le plus grand nombre, mais qu’il coûte plus cher qu’ailleurs (en Europe) pour des résultats plus médiocres n’est plus admissible. Pas besoin d’être un contempteur du libéralisme échevelé pour dénoncer cette machine à perdre, le gâchis, et finalement une dépense publique qui pèse sur l’activité sans retour sur l’investissement de la collectivité. Sauf à penser que la dépense publique est un puits sans fond, pour lequel « quand il n’y en pas plus, il y en a encore ».

Si les syndicats de l’EN avaient réellement pris un « virage » (pas seulement déclaratif, mais dans les faits et le réel), les débats porteraient sur le « comment », le fameux qualitatif (méthode, organisation, fonctionnement), mais avec un gouvernement qui se débat avec la dépense publique avec l’intelligence du technocrate frais émoulu de l’Inspection des Finances et des syndicats continuant d’agiter le leïtmotiv du « plus de moyens, plus d’effectifs » que les effectifs d’enseignés puissent chuter sur de longues périodes ne changeant rien à leur antienne, il n’est pas étonnant que les syndicats ne soient pas entendus, et que les citoyens aient le sentiment que ceux-ci soient immobiles.
Bien à vous.

Incorrect : visiblement, vous ne maîtrisez pas votre sujet, pas plus que chère Lucie d'ailleurs.

Prétendre que les syndicats prônent l'immobilisme est un non-sens puisqu'ils sont les interlocuteurs privilégiés des institutions. En ce sens, ils font régulièrement des propositions aux décideurs, hélas, dans ce débat hyper sensible que sont le statut de la poste et l'éducation, les autorités s'affranchissent de négocier en surfant sur le mécontentement de comptoir de bars. Les absurdités tels que "les fonctionnaires sont fainéants", "les profs sont toujours en grève pour leur statut" sont érigées comme des vérités absolues car elles arrangent bien la stratégie de démantèlement d'un système efficace mais trop coûteux selon l'idéologie néo-libérale.

Prétendre que les syndicats prônent l'immobilisme est une absurdité historique au regard du virage pris par la CFDT dans les années 80, rejoint plus récemment par la CGT, le mot d'ordre est désormais d'accompagner les changements, au risque de provoquer l'incompréhension de nombreux militants de la base qui ne comprennent pas l'abandon des garde fous contre l'idéologie libérale.

Le problème que les syndicats veulent rappeler est que toutes les réformes envisagées n’ont pas pour objectif l’amélioration du système de formation professionnelle mais n’ont en réalité pour
but que de faire faire des économies à l’état en le désengageant de ses missions de service public, et cela même s’il faut fermer massivement des sections et supprimer des postes.

Résultat : Etablissements sous pression, profs et élèves sous pression, services académiques sous pression. Il suffisait de téléphoner au Rectorat, par exemple au service des non titulaires pour s’en rendre compte.

La grève arrive comme les dépressions en hiver. Un peu plus d'ennuis pour les parents et les élèves mais les dirigeants syndicaux n'en ont rien à cirer.

Peindre le gouvernement comme un être malfaisant uniquement occupé à démolir l'éducation nationale ou les services publiques, ça ne marche plus.

On sait que les syndicats ne veulent pas bouger d'une ligne. Le changement ne mes arrange pas! Alors c'est l'intox et on piège des éleves et étudiants vraiment jobarts.

à Popaul porte parole de 30 millions d'amis, avant de balancer, il faudrait vérifier vos informations sauf pour la Banque Postale

Chère Lucie,
Vos propos sont absurdes. C'est à longueur de temps que les syndicats cherchent la concertation avec des élus qui leur répondent sempiternellement logique budgétaire contre impératif de qualité.
D'ailleurs, il n'est pas étonnant que la délégation n'ait pas été reçue : les élus font l'autruche sur la question éducative, quant à la poste, le sujet est explosif pour eux.
Enfin, renseignez-vous en quoi consiste un mandat syndical, qui rencontre un délégué, quand, pourquoi, comment avant de préjuger. Heureusement qu'il existe encore des personnels qui restent au contact de la réalité sociale, sans cela, avec le genre de fadaises que vous nous sortez, vous et vos consorts libéraux, il n'y aurait plus la moindre protection des travailleurs.

La Poste n'est pas un service public mais un sévice public. Lourde, inadaptée, inefficace, en recul sur tous ses marchés. Transformez vite le guichet de La Poste en véritable point de vente, multi-services et multi-produits. Si vous voulez survivre, maquillez le fonctionnaire-cerbère derrière l'hygiaphone en vendeur. Vite, de la concurrence partout.
Et arrêtez de nous bassiner avec le service public. Plus personne n'en veut. Vous avez peut-être extorqué 2 millions de votes contre la privatisation, mais 30 millions de Français l'attendent.
La Banque postale est devenue une banque comme les autres, avec les mêmes objectifs et la même propension à tondre la laine sur le dos du client que ses consoeurs. La nouvelle banque postale, c'est le loup dans la bergerie. Le reste devra suivre. Content ou pas content.

Et une manif de plus, dont les objectifs et répercussions seront, à n'en pas douter, très fructueux.

Comme le démontre d'ailleurs cet article qui ne traite quasiment que de la forme de la manif et du nombre de participants (faible), on passera sur les débats de fond sur l'évolution du service public...

Cher Michel Ricoud, est-ce qu'il n'aurait pas été préférable de commencer par là : écrire une lettre et demander une audition? Non, on tire d'abord (entendez on fait grève, on manifeste) et on discute après!!! Lorsque vous aurez compris que la négociation ne marche pas comme ça, vous aurez fait un grand pas en avant!

Au moins eux ne font pas semblant d'avoir des revendications professionnelles. Non, c'est juste "la révolution ou rien!". Mais ne vous en faites pas : on avait bien compris!!!

A l'issue de la manifestation des postiers, une délégation intersyndicale que les élus communistes d'Orléans accompagnaient, a souhaité être reçur par un des deux députés d'Orléans ou leurs collaborateurs afin de leur remettre une motion. la seule réponse fut la fermeture des grilles de la porte de la mairie et aucune réponse quant à cette demande de rencontre. Vous avez dit dialogue social et respect?

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