Des enseignants orléanais dénoncent le show ministériel de Luc Chatel
«Le 13 octobre 2009, des enseignants du lycée Voltaire ont été invités à rencontrer le ministre. Ils tiennent à faire savoir qu’il leur a été impossible de préparer cette rencontre dont ils ont été avertis au dernier moment. Aucun ordre du jour ne leur était proposé; aucun support ne leur était soumis; aucune concertation préalable n’a été possible dans l’urgence.
Le 14 octobre, 25 enseignants, sur les 170 que compte le lycée, se sont rendus à la rencontre qui a duré une heure: 35 minutes d’exposé par le ministre de quelques axes de la «réforme» / 25 minutes de questions des enseignants.
En réalité, aucune discussion n’a eu lieu: il n’était pas possible de répondre au ministre; les enseignants n’ont jamais pu formuler de propositions. Il ne s’agissait en aucun cas d’une concertation.Des interrogations demeurent car certaines propositions du ministère n’ont pas été présentées oralement alors qu’elles figurent dans un dossier distribué seulement à l’issue de la réunion: qu’en est-il par exemple du tronc commun instauré en classe de première?
La plupart des questions concrètes d’organisation, de rémunération, de postes sont restées sans réponse. Le ministre, arguant de la volonté de ne pas clore toute discussion, s’est contenté de décliner de grands principes consensuels tant ils sont généraux.
Les enseignants ont le sentiment d’avoir assisté à une opération de communication bien rodée. Ils tiennent à souligner qu’ils n’en sont pas dupes et incitent leurs collègues des autres académies visitées à être vigilants».




C'est bien de débattre, mais débattez juste, sans remettre dur le feu des trucs aussi couillons que la théorie fumeuse du salaire basé sur 12 mois. De la même manière, replaçez la durée annuelle de travail dans un contexte global.
La réalité, c'est qu'il y a effectivement érosion du pouvoir d'achat et dévalorisation mécanique (absence d'indexation), mais la situation est la même dans le reste de la fonction publique.
A tous ce qui se la jouent perso, je dis que les autres en sont au même point et qu'il vaut mieux s'unir que de se diviser, surtout en utilisant d'abracadabrantesques arguments.
Et maintenant le détail de mon argumentation :
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en faisant des recherches sur internet, je suis tombé par le plus grand des hasards sur le texte intitulé : il faut revoir le temps de travail des enseignants, de décret de 1950 est vraiment trop vieux.
Il y a apparemment plusieurs versions du texte, dont la version sur laquelle je suis tombé, celle complétée par des tableaux et des exemples : vous trouverez le texte à l'adresse suivante :
http://leruisseau.iguane.org/IMG/pdf/1950-trop-vieux.pdf
Ce texte parle malheureusement du salaire des enseignants basé sur 10 mois, du temps de travail supérieur aux 35 heures...
Il y a encore plein de gens qui croient à ces légendes, d'où l'idée de mon pseudo : père noël.
C'est du grand n'importe quoi ! ! !
ce qui est encore plus inquiétant, c'est que des gens reprennent ce texte erroné, comme base de vérité. Il y a donc nécessité d' une démonstration, toute pédagogique, le plus simple étant de reprendre le texte en le mettant face à ses propres contradictions, tout en collant aux faits, pris avec le recul nécessaire pour les situer dans un contexte plus large.
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Je fais partie de ceux qui pensent que la fonction publique, notamment les fonctionnaires de catégorie A de base (les corps ayant un échelon brut terminal de 966) n'est pas reconnue à sa juste valeur, et qu'on la tirera vers le haut par une action collective, mais pas en se la jouant perso, statut par statut.
Le raisonnement de l'auteur (raisonnement enseigno-centriste) ne sert donc pas (à mon sens) l'intérêt collectif. Par ailleurs, les failles de la démonstration font que le raisonnement ne sert même pas la cause des enseignants, sauf à vouloir se couvrir de ridicule. Si l'auteur a, dans un premier temps démonté un certain nombre de fausses vérités, il n'a pas évité dans un second temps, le piège consistant à tomber à son tour dans d'autres fausses vérités, d'où ma volonté d'intervenir pour en revenir à la réalité des faits.
Je précise que je n'ai aucune animosité contre le corps enseignant (pour avoir moi-même été enseignant, pour enseigner encore de temps à autres, pour avoir une épouse CPE qui a une grille identique à celle des certifiés...), pour autant, je ne peux que m'inscrire en faux devant certains éléments. Précision : je suis actuellement gestionnaire de collège, grade d'attaché.
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Les erreurs :
Considérons que ce que ce qui a été dit est exact : pour une heure comptabilisée, un enseignant travaille 2,5 heures (une heure classe = 2,5 heures en tout). Annualisé sur 36 semaines, on parvient à peu près aux 35 heures. Ce que la plupart des enseignants oublient, c'est que les 35 heures, c'est une base de 35 heures par semaine sur une base annuelle de 47 semaines, ce qui veut dire 1645 heures par an.
Même si, effectivement, les enseignants (je rappelle qu'il est question des enseignants du secondaire) n'ont bénéficié d'aucun des allègements horaires des dernières années, le résultat final fait que les enseignants travaillent autant que les autres, ni plus, ni moins.
Allons maintenant à un niveau plus détaillé. Que dire d'un certifié en collège qui devient agrégé sur place et qui lui, pour un même travail, fait moins d'heures. 15 X 2,5 X 36 font incontestablement moins que 1645 heures (même au taux de 2,5 ). Il est donc en dessous des 35 heures, et pourtant on ne lui en tient pas rigueur, et il gagne même plus que son collègue certifié qui fait le même travail que lui. Voilà une vraie injustice dont personne ne s'émeut car c'est dans la famille...
Et les inégalités entre les matières ! Enseigner l'économie à des terminales (comme l'auteur), ce n'est pas la même chose que d'enseigner l'art plastique à des collégiens. Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est un fait. Donc, le taux de 2,5 évoqué plus haut, cache des réalités disparates. Par conséquent, appliquer un taux unique à tous, constitue une seconde injustice flagrante, dont on ne parle pas non-plus, car là encore c'est dans la famille...
Je continue avec les inégalités primaire / secondaire. La réalité du professeur des écoles est de 27 heures par semaine, pour bien plus que la bivalence qui fait tellement peur aux enseignants du secondaire, pourtant appliquée pendant des années (PEGC). Si la réalité du primaire était plutôt soft il y a une trentaine d'années d'année (sans être facile), ce n'est plus du tout le cas actuellement, loin s'en faut, ni par le comportement général des élèves, ni par la densité du travail à fournir (livrets de compétences, PPRE...). Le silence (relatif) des enseignants du primaire s'explique notamment par la revalorisation concommitante des carrières (par rapport à l'ancien statut des instituteurs). N'empêche que, et c'est là que je veux en venir, rares sont les enseignants du secondaire à s'émouvoir de la vie des enseignants du primaire.
L'auteur cherche des injustices (horaires) dont seraient victimes les enseignants du secondaire ( injustices qui pour moi n'existent pas vu qu'on arrive à peu près au total annuel des 35 heures, soit 1645 heures), sans faire l'effort de remise à plat des injustices internes au corps enseignant, domaine dans lequel la marge de progression est grande ! !
J'en termine avec la notion de bi-admissibilité (statut spécifique des certifiés qui réussissent deux fois les écrits de l'agrégation mais loupent deux fois l'oral), qui permet là aussi de gagner plus en faisant le même boulot. En terminant par cette notion, je cite le premier avantage spécifique des enseignants, car il y a encore des niches... en effet, pour tous les autres fonctionnaires, un concours raté est un concours raté, écrits réussis ou pas. On ne gagne pas plus ! !
Continuons maintenant avec la notion du salaire calculé sur la base de 10 mois. Le vieux loup que voilà.... On est dans le domaine du conte pour enfant, de la légende avec un petit fond de vérité, complètement dénaturé. On me la sort régulièrement, le plus navrant c'est que de jeunes enseignants finissent par y croire. Il faut arrêter....
La présence d'un élément dans des blog ou sur des pages perso ne constitue pas une preuve en soi. Il faut aller plus loin pour distinguer l'information de la rumeur. Le fait qu'un député pose une question n'est pas une preuve non-plus. Bizarrement, beaucoup sur les forum que j'ai pu voir, acceptent la question d'un député comme certitude, et réfutent la réponse comme preuve contraire. Une réponse « politique » aurait effectivement une valeur égale, mais la réponse qui a été donnée est une réponse juridique, qui elle est vérifiable. Et qu'est-il dit ? Qu'il existe un tableau dans lequel figurent tous les corps de la fonction publique, et que l'on peut vérifier le positionnement indiciaire de chaque profession. Les certifiés (ainsi que les professeurs des écoles) font partie tout comme moi des fonctionnaires de catégorie A que j'appelle « de base », ceux qui ont un indice brut sommital de 966. Je précise ici ce que sont les indices bruts. Il s'agit des indices qui servent pour tout ce qui est statutaire, notamment pour les passerelles d'un statut à l'autre... Ils demeurent stables, contrairement à l'INM (indice nouveau majoré) qui sert à la fiche de paye. Parfois, l'Etat accorde un point à tout le monde. L'INM monte donc d'un point, mais les statuts ne bougent pas. La seule chose qui change alors, c'est le coefficent multiplicateur qui permet de convertir les indices bruts en INM. Donc, attention lors de la comparaison de statuts à bien prendre la même-chose !!!
J'en reviens au fait que la réponse juridique ne satisfait pas tout le monde; Personne n'a relevé qu'elle a satisfait le député qui, comprenant manifestement qu'il avait été mal renseigné, il n'a ni pesté, ni réïtéré sa question.... Toujours est-il que je suis en mesure de prouver de que dit la réglementation.
Je ne vais pas apporter d'argument nouveau, mais vais me servir des failles dans le raisonnement du texte de départ. J'ai constaté avec amusement, qu'au sein de son exposé, l'auteur se contredisait et démontrait lui-même que la légende du salaire basé sur 10 mois n'était plus d'actualité.
Dans l'un des tableaux, il compare la grille des certifiés à celle d'ingénieurs des TPE. Il l'a dit, les indices de départ et d'arrivée sont les mêmes (avec, il l'a dit, une valeur du point commune à tous). Prenons donc un certifié débutant et un ingénieur des TPE débutant. Si réellement le salaire des certifiés était calculé sur 10 mois, son indice devrait correspondre à 10/12 de celui d'ingénieur des TPE, ce qui n'est pas le cas, ou alors, il faudrait une valeur du point inférieure de 10/12è (ce qui n'est pas le cas non-plus). Admettons néanmoins que le salaire du certifié soit calculé sur 10 mois, dans ce cas, le certifié pour 10 mois gagnerait autant qu'un ingénieur TPE pour 12, auquel cas, il y aurait bien une injustice, mais au détriment de l'ingénieur des TPE, et donc à l'avantage du certifié, (vu que, je le rappelle, il est démontré qu'ils travaillent à peu près le même nombre d'heures (en acceptant le postulat du taux de 2,5)).
Le désavantage de départ (2 mois non payés) s'est donc progressivement réduit. Au jour d'aujourd'hui, les personnels enseignants sont eux-aussi payés sur une base de 12 mois. Le résultat final est donc que les certifiés ne gagnent ni plus ni moins que les autres fonctionnaires des catégories équivalentes.
Des deux points qui précèdent, on peut conclure en toute objectivité qu'il y avait au départ pour les enseignant un bonus horaire compensé par un malus salaire, mais que les deux ont évolué pour faire du corps enseignants une catégorie tout à fait comparable aux autres.
Oui, mais, quid du désavantage à l'intérieur de la progression d'indice me direz-vous. L'auteur prend un seul exemple (ingénieurs TPE) et en tire des conséquenses sur l'ensemble d'un système. Prenons un autre statut, celui des attachés. Il s'agit d'un statut unique pour tous les attachés de l'ETAT, et d'une grille unique pour les attachés d'Etat, et territoriaux (en cours d'uniformisation pour les attachés hospitaliers). Prenez les indices des attachés de classe normale et comparez-les à ceux des certifiés de classe normale. Vous verrez que les indices des certifiés sont plus favorables. Vous noterez par ailleurs que les attachés avancent plus vite que les certifiés, mais sur un échelon de plus (12 au lieu de 11, en précisant bien que les indices du 11è de certifié et du 12è des attachés sont identiques), ce qui fait que, finalement, les choses sont équilibrées.
Mais la progression globale de carrière est plus favorable pour les enseignants car ils passent en hors classe sur place et sans concours. Un attaché doit passer un concours, (sauf de rares cas qui passent à l'ancienneté, mais très tard), et en tout état de cause, il y a une obligation de mobilité et un changement de fonctions (davantage de responsabilités). Un enseignant entré jeune a comme perspective un accès assuré à la hors classe, pour bien souvent un déroulement complet (ou presque), et tout ceci, sans bouger (géographiquement) et sans prendre davantage de responsabilités. S'il loupe deux fois l'oral de l'agrégation, il sera même bi-admissible (gagner plus en en faisant autant qu'avant), et s'il réussit l'agrégation, on transformera son poste sur place, pour gagner encore plus, et cerise sur le gâteau, en travaillant trois heures de moins par semaine (au coefficient 2,5 cela fait 7,5 heures par semaine sur 36 semaines, donc 270 heures de moins à l'année)
Il y a donc, comparativement, un certain nombre d'avantages à être enseignant, mais d'autres professions ont d'autres petits avantages. Mon sentiment est que, l'un dans l'autre, les situations se rapprochent et se valent de plus en plus.
Et qu'en est-il de ces situations qui se valent ? C'est là où ma pensée et celle de l'auteur convergent : il y a bien érosion du pouvoir d'achat et dévalorisation mécanique (due à l'absence d'indexation sur le smic) MAIS CETTE SITUATION N'EST PAS PROPRE AUX ENSEIGNANTS, c'est pourquoi, je pense, et je me répète, que nous avons plus à gagner à nous unir les uns et les autres pour que la catégorie A de base (celle allant jusqu'à l'indice brut terminal 966) soit mieux reconnue grâce à des actions collectives.
Enfin, soyons exhaustif : certes nous ne sommes pas des nantis, mais il y a plus malheureux que nous, et beaucoup moins reconnus. Je veux notamment parler de toutes les petites mains, des agents des lycées et des collèges, tant administratifs que techniques qui gagnent une misère. Jusqu'à l'année dernière, les indices de départ étaient en dessous du smic. Financièrement, l'agent en début de carrière touchait le smic, puis prenait un échelon. Il touchait toujours le smic, puis prenait à nouveau un échelon et touchait toujours le smic.... Au 4è échelon, le smic était enfin rattrapé l'agent pouvait commencer à être augmenté. Cette injustice a été corrigée grâce à la fusion de deux anciens corps. De trois corps de catégorie C, il n'en reste que deux. Mais quelle est la perspective de ces personnes ? Un déroulement complet (arriver à l'échelon le plus haut du corps le plus élevé) amène à un salaire mensuel net inférieur à 1400 euros, primes comprises.
Je continue dans les injustices par une injustice toute récente : un cuisinier (catégorie C) ou un gestionnaire (catégorie B si SASU, catégorie A si attaché) peut tout à fait intervenir dans le cadre de l'accompagnement éducatif. Pour l'aide aux devoirs, par exemple, un gestionnaire qui interviendrait, n'aurait pas plus, ni moins, de préparation à faire qu'un certifié. Comme je l'ai dit, j'ai été enseignant (école élémentaire cycle 3, une classe pour un CE2, CM1 CM2 , ainsi qu'en SEGPA). Je suis donc tout à fait légitime lorsque je fais de l'accompagnement éducatif. Pour une prestation identique, le certifié est payé 30 euros là où le gestionnaire que je suis est payé 16 (les CPE et des documentalistes étaient aussi payés 16, mais ont obtenu l'alignement). De plus le gestionnaire que je suis est imposable (impôts sur le revenu, CSG, RDS...) sur ces heures supplémentaires là où le certifié ne l'est pas. Par conséquent, au final, le certifié aura 30 euros de l'heure là je suis payé 10, et le cuisinier, pour en revenir à lui, mon cuisinier lorsqu'il intervient (dans le cadre de projets spécifiques dans lesquels il est tout à fait légitime), est payé la même chose que moi.
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En conclusion, le monde extra-scolaire doit arrêter avec le pseudo avantage des 17 heures des enseignants du secondaire, tout comme les enseignants doivent arrêter avec le pseudo désavantage des deux mois non-payés. Pointer le doigt sur les avantages des autres est légitime pour en bénéficier aussi, à condition d'être lisible sur l'ensemble, ce qui signifie être transparent sur ses propres avantages, sauf à vouloir être considérés comme ceux qui veulent le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière.
Il faut donc avoir le courage de mettre les choses à plat, y compris au niveau des injustices internes de l'éducation nationale (ce que leurs syndicats ne laisseront jamais passer) afin de créer pour toute la fonction publique des corps différents, mais totalement équivalents. A compter de ce moment là, nous serions assez forts pout tirer l'ensemble vers le haut, notamment grâce à une cohésion renforcée lors des actions syndicales.
Pour ma part, vu la lente progression du système, je souhaite l'exctinction des corps actuels (ceux qui sont dedans bénéficient du maintien de l'acquis), et création de nouveaux corps, lisibles, transparents, avec des différences liées aux fonctions exercées, mais où les avantages et désavantages s'équilibrent pour créer une réalité unique. Pour tout ce qui est logistique, tant administrative que technique, l'Etat s'est engagé progressivement dans cette voie (des extinctions et des fusions de statuts) et force est de constater que les inégalités (entre ministères par exemple) s'estompent doucement.
Enfin, nous ne devons pas oublier les tout petits qui sont les vrais oubliés du système, oubliés pour une raison aussi simple que dégueulasse : les enseignants, les avocats, les médecins... auront toujours des parlementaires en leur sein pour les défendre et des possibilités de lobbying, ce qui n'est pas le cas des petites gens. J'en termine avec un jugement de valeur : en ce qui concerne les petites gens, l'éducation nationale, championne de la contestation et de la leçon de morale, a bien des leçons à apprendre. Certes on fait du blabla, les agents sont membres de la communauté éducative..., mais dans réalité, ils continuent à connaître, outre le dénigrement salarial, un intolérable mépris de la part de nombreux membres du corps enseignant, ceux là mêmes qui sont sensés enseigner aux enfants qu'il n'y a pas de sot métier.
Rédigé par : pèrenoël | 07/11/2009 à 13:09
Merci Filper !
Je viens moi-même de parcourir l'ensemble des commentaires, tout en me décomposant au fur et à mesure... Voilà en effet, une parfaite représentation de la division pour mieux régner ! Avec tout le respect que je peux avoir pour chacun d'entre vous, quel dommage de vous voir tous tomber dans le travers du jugement de la souffrance (ou de la non souffrance) de l'autre. Ce n'est pas parce qu'il fait meilleur chez les autres, qu'il faut occulter l'aggravation de la situation chez soi ! Il y a urgence à ouvrir les yeux sur la déliquescence générale des conditions de travail dans tous les corps de métier, mais pour cela, encore faudrait-il que chacun dépasse cette irrépressible tentation de céder à l'individualisme pour mieux s'unir et lutter !
Rédigé par : B.A.BA | 26/10/2009 à 15:24
je viens de parcourir toutes ces contributions au débat. quelle impression puis-je en tirer , moi qui suis aussi enseignant, professeur ( rayez la mention inutile) ? la grande réussite du libéralisme et particulièrement de ce pouvoir: l'individualisation, sinon l'individualisme et partant la division et le conflit généralisé et stérile, sauf au profit des "puissants" Chacun essaie de traduire avec plus ou moins de rhétorique son propre point de vue, c'est le guichet des récriminations, des comparaisons hasardeuses, de la psychologisation à outrance ( de quoi vous plaignez-vous ? et puis vous pouvez vous débrouiller, d'autres le font bien , vous n'êtes tout de même pas si malheureux que cela !) Merci à tous ces hommes de pouvoir, à ces compassionnels qui réduisent des enjeux politiques, idéologiques à des culpabilités personnelles, à la solitude de chacun.
Bien sûr que personne ne " comprend" notre métier. Mais pourquoi se placer sur ce plan-là ? Parce que le tissu social s'est totalement délité , c'est le tous contre tous, c'est à celui qui pourra jalouser son voisin pour revendiquer le plus grand malheur. A ce titre, moi non plus je ne "comprends" pas le travail dans une entreprise privée. Mais que veut dire "comprendre" dans ce cadre là ? . Oui, les gens souffrent. Cela ne se discute pas, la souffrance, elle est individuelle. On ne peut que la "comprendre". il y a toujours plus malheureux que soi . Et alors ? A quoi sert ce palmarès des jérémiades? Cela fait absolument le jeu des pouvoirs installés.
Sans revenir à une sorte d'âge d'or qui, comme chacun sait est parfaitement fantasmé, il me semble que dans le passé, celui qui assurait une tâche ( un artisan, un commerçant, un ingénieur, un facteur ou un professeur) était respecté pour la tâche qu'on lui confiait. " chacun son métier, disait-on , et les vaches seront bien gardées". Aujourd'hui, c'est le soupçon généralisé, tout le monde est plombier, commerçant, professeur. Tout le monde sait tout pour tout le monde. Même les parents d'élèves s'érigent en prescripteurs de méthodes de travail et d'évaluation.
On comprend mieux cette acrimonie, cette agressivité, ce déversoir des jalousies, ces malentendus et ces aveuglements.
On peut donc remercier cette idéologie libérale et capitaliste qui renvoie chacun à sa propre " psychologie" , et qui donne des résultats très intéressants pour diviser, isoler, rendre tout projet "collectif" impossible.
Rédigé par : filper | 24/10/2009 à 09:44
@ Polybe
On avancerait sans doute si vous commenciez par lire réellement ce que j'écris au lieu de débiter votre propagande rance de façon mécanique. Relisez mes posts : non seulement JE SUIS fonctionnaire mais je SUIS aussi prof et je l'ai été dans des zones difficiles. c'est dire si je parle de l'intérieur, ce qui ne semble pas être votre cas. Vous me créditez d'idées qui ne sont nullement les miennes ( la fameuse stratégie de "l'homme de paille" ;-) et vous semblez amateur des idées toutes faites et des stéréotypes . Essayez donc de réfléchir par vous même au lieu de recracher une mauvaise version du Monde Diplomatique, ce n'est pas dur, vous verrez.
Rédigé par : anabase | 23/10/2009 à 10:10
@ Anabase :
J'en ai marre des gens comme vous qui passent leur temps à se plaindre des fonctionnaires, qui les jalousent. Qui crachent dessus.
J'en ai marre des démonstrations multiples que ce sont des feignasses, qu'ils ont trop de vacances, pas assez de boulot, etc...
Mais petit malin : continuez !!
Bientôt, l'école publique sur laquelle vous crachez, vous la pleurerez toutes les larmes de votre corps. Parce qu'il n'en restera qu'une trace sur le sable, comme les autres services publics. Et croyez-moi, le désert avance, ça ne saurait tarder.
Qui trouve aujourd'hui que La Poste est comme avant ? Rien à foutre, on passe par UPS ?
Qui trouve aujourd'hui qu'on peut faire confiance à l'hôpital comme avant ? Rien à foutre, on a un copain chir' dans une clinique huppée ?
L'école fichue en l'air, rien à foutre ?
"On mettra nos enfants dans le privé ?"
Oui, quelle bonne idée :
Actuellement, les parents qui font le choix du privé ne paient qu'un petit droit d'entrée, parce que les enseignants du privé sont payés... par l'Etat. Eh oui !
Mais puisque l'Etat dépense trop, qu'il y a trop de fonctionnaires, etc etc... il y supprime des postes, comme ailleurs. Et un jour il faudra bien que ces enseignants soient payés... par les familles.
Et là on ne sera plus à 300 euros par an, mais plutôt à 25 000...
Le choix sera un peu plus simple à faire, remarquez :
- J'ai les moyens, je paie très cher une éducation correcte à mon gamin ;
- Je n'ai pas les moyens, et je me contente de l'école publique... sans plus aucun moyen ni avenir.
Maintenant, allez-y. Tapez sur l'école publique. Tapez encore. Foutez-la en l'air, je suis sûre que c'est très jouissif.
Après tout, pour aider la droite libérale, rien de tel que de faire croire à une école publique de merde, pour que l'essentiel de ce qui s'y passe soit privatisé.
Ainsi les requins friqués resteront entre eux dans de belles écoles privées qu'eux seuls pourront se payer, et nous autres, les gens de la base, on aura tout le temps de crever.
Chango, j'ai trouvé votre texte très bien.
Rédigé par : Polyb | 21/10/2009 à 22:44
@Chango
Oui, le métier de professeur n'est pas aussi rêvé qu'on veut souvent nous le faire croire. La paie n'est pas royale, et quelqu'un de sérieux qui prépare effectivement ses cours et répond à ce qui est attendu de sa fonction travaille tout à fait ses 1607h annuelles, nul doute. Qui plus est, les élèves ne sont pas toujours bien agréables, loin s'en faut.
Néanmoins, une grande partie de la population est coincée dans des travails qui ne valent pas le vôtre. Moins payés, moins de libertés dans les horaires et dans la manière de travailler, moins de vacances, hiérarchie beaucoup plus présente... Ceux-là ne peuvent comprendre vos sujets de plainte.
Quant à assistante sociale et curé... personne ne vous le demande, ou bien vous n'écoutiez pas beaucoup lorsqu'à l'IUFM l'on vous expliquait quelles étaient vos obligations de professeur.
Et pour l'ordinateur... certes l'équipement en salle des profs est toujours trop faible, mais est-ce réellement difficile d'acquérir un simple PC portable à bas prix, qui suffira bien à l'édition de documents et l'enregistrement de notes? Beaucoup de collègues l'ont choisi sans paraître beaucoup en souffrir.
Pour ce qui est de la mobilité, c'est une contrainte forte, et qui ne va pas en reculant. Mais pensez-vous qu'il en aille différemment pour le reste de la fonction publique nationale, ou encore que les autres diplômés post-bac trouvent tous du travail à la porte de chez eux? Enfin pouvez-vous prétendre que vous ne connaissiez pas cette contrainte avant d'exercer?
Rédigé par : Steeve M. | 21/10/2009 à 16:35
tout le monde sait que depuis que nous sommes en monarchie, certes de pacotille, c' à dire sans grandeur, on ne discute pas les ordres du monarque fut - il à talonettes, ça passe ou sa casse. C' était amusant ce matin sur France - Inter, Mr Waukier, parlait avec le même accent et les mêmes intonations que son maître. Je pense que c' est pour être plus près de la lumière!! Les enseignants qui se sont abstenus d' obéir à cette convocation de dernière minute ont eu raison, ils ont évité le ridicule.
Rédigé par : alberte | 20/10/2009 à 20:06
Chatel et Novelli, les rois de la com (hic) a relire : http://www.rue89.com/2009/08/18/bonne-surprise-pour-luc-chatel-un-supermarche-plein-dump?page=1#comment-1013498
Rédigé par : Rossignol Christophe | 20/10/2009 à 17:04
5,8 litres au 100 la BX, je vais changer de bagnole alors. Car mon moteur dCi qui a 15 ans de moins consomme quand même un demi litre de plus avec une conduite très souple.
Rédigé par : Xav | 20/10/2009 à 13:27
1) "Avant la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens d'aujourd'hui ont les moyens de vous faire taire"
Celle-là, on en reconnaitra la fibre fine et légère, elle est bien de Coluche !
2) Une autre controverse fine et légère sur un forum à propos des compétences de certains... Dans le cadre de la chasse aux salauds de pauvres, notre ex secrétaire d'Etat à la consommation, stigmatise les pollueurs qui roulent dans un véhicule consommant 12 l aux cent, exemple : la BX Diesel ! Un homme qui sait de qui il cause, M Chatel, puisque ledit tas de ferraille est à 5,8 l (ou 6,5 si on se prend pour Fangio...) M.Chatel, combien consomme un de ces yatchs dont les carnets de commandes explosent de nos jours ?
3) En conséquence, l'art de faire taire les salauds de pauvres - ou les cochons de fonctionnaires, ainsi que les crétins de gauche - cet art ne consisterait-il pas en une occupation médiatique permanente, avec pour meuble un inextinguible déballage de verbiages, âneries et effets d'annonces à tour de bras ?
GGuingo
Rédigé par : Lyonnet | 20/10/2009 à 10:52
@Astringues
Je ne milite pas pour l'open space, bien au contraire et je connais le livre auquel vous faites référence ! Je le mentionnais seulement pour relativiser les lamentations de Chango.
En revanche, en ce qui concerne les prétendus congé sans soldes" c'est là un autre exemple de la langue de teck syndicale absolument inaudible pour tout autre qu'un enseignant déjà convaincu. Car en effet, si EN THEORIE, les deux mois d'été ne "sont pas payés" , la paye étant calculée sur 10 mois et "répartie" sur 12, il n'en demeure pas moins que vous touchez BEL ET BIEN un salaire en juillet -août, ce qui fait une sacrée différence avec un VRAI "congé sans solde.
Quant au fait que les deux mois d'été soient de plus en plus grignotés par toute une série d'obligations ou de pseudo-obligations administratives, je n'en disconviens pas et je le déplore comme vous...
Rédigé par : anabase | 20/10/2009 à 08:22
@ anabase :
Puisque vous êtes enseignant, vous devriez savoir que les mois d'été ne sont pas des vacances pour les enseignants, mais des congés sans solde (le salaire de 10 mois étant réparti sur 12). Par ailleurs, trouvez-moi un établissement scolaire où les enseignants arrêtent effectivement de travailler pendant 2 mois, je vous souhaite du plaisir dans votre recherche.
Enfin pour la remarque sur l'Open Space (malheureusement très à la mode dans le logiciel unique libéral), je vous conseille la lecture de l'excellent ouvrage "l'open space m'a tuer" d'Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, c'est édifiant.
Rédigé par : Astringues | 19/10/2009 à 23:40
Des compétences de curé ? Vous enseignez en Alsace-Moselle ?
Rédigé par : Tchavolo | 19/10/2009 à 20:16
"tant nous sommes sans cesse dévalorisés dans nos fonctions, victimes de violences verbales et de pressions, soumis à des réformes que chaque ministre Pharaon tente de lancer (jamais de mener à terme) pour laisser sa trace"
C'est malheureusement l'apanage de toute la fonction publique. Mais il faut bien reconnaitre que l'éducation nationale et les chercheurs en ont pris plein la gueule par sa Sarkozyste suffisance.
Rédigé par : polikarpov | 19/10/2009 à 19:58
@ les enseignants du lycée Voltaire
Je suis étonné de constater qu'à votre âge vous soyiez encore dupe de la communication d'un ministre. Tel un effet de manche d'avocat, les ministres savent y faire.
Vous vous attendiez à quoi avec une visite ministérielle ? A un buffet campagnard où on aborderait la question de votre salaire ???
Vous vivez encore dans le monde des Bisounours ou quoi ?
Je suis étonné de voir la césure entre le monde des profs et celui des jeunes qui eux, savent parfaitement faire le distingo entre réalité et fiction et décrypter les images modernes.
A la prochaine visite, n'en attendez rien.
Rédigé par : Xav | 19/10/2009 à 18:55
@ Chango
Passez moi un mouchoir SVP.
Rédigé par : Xav | 19/10/2009 à 18:49
Les conditions de travail des enseignants ont été bien résumées par Chango. Mais qui décrira celles des lycéens ? C'est pourtant fait pour eux en principe un lycée, non ?
Avec l'école qu'on leur propose on envoie clairement nos enfants à l'abattoir. Plus vite on se débarressera des ces soi-disants "responsables" politiques, mieux ça vaudra.
Qu'il y ait encore quelques personnes qui n'y voient que du feu dans l'Education Nationale est un SCANDALE !
Rédigé par : Motus | 19/10/2009 à 14:28
open space, bureau partagé: une table, une chaise, et un ordi par personne tout de même... ce qu'on appelle un "poste de travail". J'ai fait pas mal de bahuts et de salles des profs différentes, je n'ai jamais vu assez d'ordinateurs et d'imprimantes pour que chacun puisse travailler. Et il faut voir l'état du matériel, en panne perpétuellement...Avec les emplois du temps gruyère et 1h30 de train par jour, sans pouvoir travailler comme il faut sur place, c'est vrai qu'on finit par faire le boulot chez soi... de 19h à minuit en semaine, et le week-end. Que d'heures perdues, passées dans les établissements entre les cours sans pouvoir y avancer le travail..
Rédigé par : pas angevin | 19/10/2009 à 13:41
En fait, cette boutade sur la différence entre dictature et démocratie aurait pu être de Desproges ou de Coluche... Elle est de l'inimitable Woody Allen ;-))
Pour le témoignage orléanais, rien de vraiment surprenant ! Non ?
Rédigé par : Brich59 | 19/10/2009 à 13:38
@Chango
"Quel est le métier où vous devez accepter de vous faire insulter, agresser sur votre lieu de travail et supporter les dégradations de votre véhicule ?"
Flic, par exemple, ou pompier dans certaisn endroits.
"Quel est le métier où qui en vingt ans a supprimé plus de quinze jours de congés"
Il en reste largement assez, non ? deux mois en juillet- aout ( je ne parles pas des autres, en effet utilisées à corriger des copies et à préparer des cours)c'est tout de même pas mal...Dans quelle autre profesion salariée avez-vous cela ?
"Avec des obligations de service que nos collègues étrangers trouvent insupportables
" Vraiment ? allez voir en Angleterre (dans le public) comment ça se passe et vous serez heureux de travailler en France...
"Dans quelle entreprise les cadres ne disposent pas d’un bureau équipé avec tout ce qui leur est nécessaire "
Mais dans tout un tas d'entreprises, mon cher Monsieur, ce que vous sauriez si vous sortiez un peu de votre salle de cours : aujourd'hui, on est à l'ère des "open-space" où il n'y a nulle intimité et à l'heure du "bureau partagé" avec d'autres collègues... Par ailleurs, dans les entreprises, comme vous dites, on ne passe pas 15 ou 18 heures mais beaucoup plus...ce qui relativise un peu votre discours..
Je précise que je suis moi-même enseignant , que j'ai enseigné en ZEP dans le nord de la France et qu'un grand nombre de choses que vous avez écrites sont exactes; mais de grâce abandonnez ce psittacisme stérile dont personne n'est dupe: c'est avec ce genre de discours que l'on n'est pas crédible et que les vrais ennemis de l'école ( l'actuel gouvernement par exemple) jouent sur du velours...
Rédigé par : anabase | 19/10/2009 à 12:46
Toujours vos supers photos Mourad : Luc Chatel "EN COULEUR". La prochaine fois, il faudra qu'il pose devant ce type d'affiche plus adaptée du genre "PAS VU A LA TELE" ou "EN 3D DANS CERTAINES SALLES" ou encore "SOLDES DERNIERS JOURS", "PROMO -50%", etc...
Rédigé par : Fansolo | 19/10/2009 à 10:42
Pour mémoire Chatel était représentant placier chez l'Oréal. Parce que vous le valez bien...
Rédigé par : pomme | 19/10/2009 à 09:46
Etaient-ils à ce point naïfs pour se rendre à cette "invitation" du porte - parole du gouvernement, accessoirement ministre de l'Ed Nat? N'ont-ils donc pas encore compris que tout, dans les moindres détails, est déjà décidé à l'avance par le roi?
Rédigé par : letapir | 19/10/2009 à 06:48
Ce gouvernement en place ne veut pas comprendre qu'une partie de la population est lasse à bout de souffle.
Les réformes et autre intervention bidons .....n'y changeront rien.
les médias, journalistes,ministres compris sont au garde à vous .
c'est aux étudiants et aux enseignants de dire non ça suffit....
Rédigé par : mary | 19/10/2009 à 06:38
Cher Monsieur,
Si la situation que vous décrivez est bien réelle, bien qu’après plus de vingt ans de loyaux services dans l’Education Nationale, je n’ai jamais connu de collègue qui refusent un rendez-vous avec des parents.
Par ailleurs, vous-est-il arrivé de vous demander les raisons d’un tel refus ?
Quel est le métier où vous devez accepter de vous faire insulter, agresser sur votre lieu de travail et supporter les dégradations de votre véhicule ? Quel est le métier où vous subissez la pression du public, d’un chef d’établissement, des inspecteurs et du Ministère et des remises en cause répétées de vos compétences et de votre professionnalisme ? Quel est le métier où qui en vingt ans a supprimé plus de quinze jours de congés (payés par les salariés) sans compensation de salaire et dont les émoluments sont inférieurs, à la moyenne de ceux pratiqués dans la communauté européenne, avec des obligations de service que nos collègues étrangers trouvent insupportables : Le contrôle continu -3 devoirs écrits par classe et par trimestre pour deux heures de cours, soit 9 classes- avec 35 élèves par classe et de 10 à 15 minutes de correction par copie, réunions de concertation, réunions de mi-trimestre et conseils de classe en dehors du temps scolaire, rencontres avec les parents.
Le gouvernement ne parle plus des 35 heures par semaine sur le lieu de travail car il sait mieux que nous qu’en période de bilan nos semaines s’étirent entre 50 à 55 heures . Quel salarié est soumis à de telles obligations de service sans compensation financière ?
Afin de nous maintenir le plus longtemps possible dans l’enceinte de l’établissement, nos emplois du temps ressemblent de plus en plus à du gruyère, sans que nous disposions de salles équipées sur place pour corriger, remplir les cahiers de texte électroniques, recevoir les parents et puissions préparer nos cours en toute sérénité. Dans quelle entreprise les cadres ne disposent pas d’un bureau équipé avec tout ce qui leur est nécessaire pour effectuer leur mission et se voient obligés de sacrifier leur fin de semaine afin de pouvoir boucler leur travail alors qu’ils exercent à des kilomètres de leur domicile et ne retrouvent leur conjoint (au mieux) une fois par semaine?
Une partie de notre temps devrait être consacré à la recherche pédagogique que nous avons le plus grand mal à effectuer. Comment en vouloir à ceux qui se limitent à suivre les méthodes des ouvrages scolaires faute de temps ?
Quel est le métier qui demande les compétences de gardien de la paix, de psychologue, de pédagogue, d’assistant social, de chercheur, de secrétaire et de curé ?
Quelle est la fonction qui remplit chaque année les maisons de repos, tant nous sommes sans cesse dévalorisés dans nos fonctions, victimes de violences verbales et de pressions, soumis à des réformes que chaque ministre Pharaon tente de lancer (jamais de mener à terme) pour laisser sa trace ? Depuis que j’ai commencé, rien que dans ma matière, nous en sommes à la cinquième réforme des horaires et du Bac, pour revenir à une situation pire que celle que je connaissais à mes débuts ?
Pour beaucoup de pays, l’Education publique à la Française était un modèle (le succès des établissements français à l’étranger en est la meilleure illustration), ce n’est hélas plus le cas, tant les obligations de service et les conditions de travail, auxquelles nous sommes soumis, seraient impraticables dans de nombreux pays où le recrutement local devient de plus en plus difficile.
Qu’un ministre ne tienne aucun compte de nos remarques est devenu la norme. Qu’un parent d’élève se plaigne d’un manque de concertation aussi. Donc, je ne vois rien de bien nouveau dans cette démarche ministérielle, ni dans les plaintes des usagers. Je me demande même, comment ces derniers ne se mobilisent pas davantage, contre la dégradation alarmante du service public et les orientations prises en vue de la privatisation d’une partie du système éducatif à un période de l’histoire où, dans de nombreux pays, au contraire, on tend à renforcer le service public.
Rédigé par : chango | 19/10/2009 à 04:35
comprenons nous bien, la manière, cavalière de convocation (dixit l'article), peut fâcher les enseignants.Toutefois - seulement - 25 se sont déplacés, les autres (145) étaient à leurs tâches habituelles ( les cours ) ou en repos. Mais si ces enseignants ont le droit de se plaindre, ils n'ont pas conscience que le contact des parents d'élève(s)
à titre personnel, qui désirent s'informer, est du même niveau... le savoir et le pouvoir donnent une autorité qui ne se partage pas avec les petites gens.Qui, de ce fait, hésitent à prendre contact. Votre ministre a peu de considération pour vous, c'est assez net... Mais -VOUS - dans les relations parents/enseignants, vous pouvez agir...
Rédigé par : angevain | 19/10/2009 à 00:18
Il me semble que c'est du Coluche mais bon passons on est d'accord sur l'essentiel.
Rédigé par : Jimmy | 18/10/2009 à 23:53
Pas très étonnant, ce gouvernement illustre jusqu'à la caricature cette citation de Pierre Desproges:
Quelle est la différence entre la dictature et la démocratie?
La dictature c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est "cause toujours"
Rédigé par : miles v | 18/10/2009 à 23:06