Christine Boutin préfère «les visages radieux» aux médias sournois
LOGEMENT. Christine Lagarde empêchée, c'est Christine Boutin qui est venue seule à Orléans présenter son prêt à taux zéro; et régler ses comptes avec la presse, rendue coupable de la sinistrose ambiante. Car, pour la ministre du logement, le prêt à taux zéro relayé par les banques n'est pas un simple outil économique. C'est une usine à rêves. «J'ai vu des visages radieux qui symbolisaient bien cette mesure (...) Elle fait jaillir le sourire sur des visages qui l'avaient perdu (...) J'ai été heureuse de voir les visages rayonnants de cette famille», a-t-elle clamé devant un parterre d'élus et de professionnels du secteur bancaire et immobilier réunis en préfecture. Cette famille «rayonnante», bénéficiaire d'un prêt à taux zéro et dont le père est agent municipal, elle l'avait croisée le matin même à La Source au cours d'un pèlerinage savamment orchestré. (Lire la suite...)
Heureuse, donc, Christine Boutin de se retrouver aux côtés d'Olivier Carré, député et maire-adjoint «qui fait un excellent travail nationalement et localement». Un bonheur qui serait complet si une insidieuse sinistrose n'était distillée par une certaine presse irresponsable et malveillante. «On a aucun intérêt à abîmer l'image des banques. Certains médias le font pourtant, notamment sur la question des prêts relais». La crise financière? Les limites du système? Secondaire, anecdotique. «Il faut vous prémunir de ces attaques médiatiques!», a encore prévenu la ministre avant d'écourter la rencontre pour... assurer un direct sur France 3 Centre. Patrick Poisson, président de la fédération française du bâtiment pour le Loiret s'est retrouvé sur la même ligne: «La presse casse le moral des gens; ces derniers hésitent donc à investir». Tous s'accordaient pour exiger des médias qu'ils relaient «positivement» les mesures gouvernementales et qu'ils cessent d'évoquer la crise à longueur de colonnes. Bref, qu'ils fassent leur métier plus convenablement.
À l'issue de la rencontre, Christine Boutin a rappelé que «l'intérêt de se réunir, c'est de regarder les choses en face». Elle s'est également félicitée de ne pas avoir utilisé la «langue de bois». Sans aucun doute.
Mourad Guichard
(Photo: Jacky Naegelen/Reuters)




@ Dame Lepion :
La semaine dernière, l'économiste Jacques MARSEILLE s'est essayé à un inventaire des points positifs de notre pays. Très instructif.
Et qui donne un bel espoir pour l'avenir.
Maintenant, question de philosophie : vous voyez le verre à moitié vide, je le vois à moitié plein.
Car se morfondre et critiquer n'a jamais fait avancer le monde.
Rédigé par : Xav | 14/03/2009 à 21:02
@ Xav et Minijack : Ah, la presse catastrophiste... il y en a quand même une qui ne parle que des trams qui arrivent à l'heure : Orléans-Mag, mon bonheur mensuel, 40 pages d'infos qui positivent, débonnairent, laudativent, patelinent et lénifient, bref l'anti-sinistrose !
Rédigé par : dame Lepion | 09/03/2009 à 11:41
@ Laudes
Où avez-vous vu que mon message voulait dire que j’étais contre « l’exercice normal de la démocratie » ? J’ai juste réagi à ce voyage parce que je trouve ces gens insupportables… J’en ai marre de les voir et de les entendre. Et je trouve qu’étant donné les brillantissimes résultats de leur politique, il vaudrait mieux qu’ils soient discrets. J’ai le droit de dire ça , non ? Quant à Lutte Ouvrière, je m’en bat l’œil, ce n’est pas avec des groupuscules de ce genre que l’on avancera.
Rédigé par : Motus | 09/03/2009 à 09:08
@ Motus,
Que des ministres fassent des déplacements coûteux pour venir dire 3 mots, c'est une chose. Mais vous ne pouvez pas vous en prendre à l'exercice normal de la démocratie quand des hommes politiques de l'U.M.P. viennent dans le cadre d'une campagne électorale, à savoir les élections européennes. Et bien entendu, on ne vous entend pas quand il s'agit de femmes politiques, qui viennent faire la même chose à Orléans, sous la bannière de Lutte ouvrière.
Rédigé par : Laudes | 09/03/2009 à 01:19
christine boutin etait heureuse d'etre a orleans...je pense ...
Rédigé par : éloie | 07/03/2009 à 14:27
Et lundi, ce sont Hortefeux, Barnier et Bertrand qui viennent parader à Olivet (d'après la Rep), ça commence à être sérieusement désagréable de voir tous ces ministres défiler ici vu la popularité de ce gouvernement..
Rédigé par : Motus | 07/03/2009 à 11:13
Pour moi, cette "crise" était prévisible à plus ou moins court terme. Le système capitalo-financier la portait en lui-même comme un vice de forme natif, tout comme le système collectiviste de l'ex-URSS portait en lui-même sa propre faillite. Et j'ai toujours pensé que l'un ne valait pas mieux que l'autre, pour la bonne raison que dans les deux cas, les "individus" sont oubliés, méprisés au profit des rentes financières ou des rentes de situation de nomemklaturas, économique dans un cas ou politique dans l'autre, et qui finissent par se ressembler dans leurs excès. Il est inéluctable qu'à un moment ou un autre la sanction tombe car les lois de l'équilibre sont immuables aussi bien au plan social qu'en physique.
J'ai été l'un des tous premiers à annoncer dans la gazette, en Juillet 2007, le début de la Crise, immobilière d'abord comme conséquence directe de la crise des subprimes aux US. Et "quand le bâtiment va, tout va", mais quand il ne va plus...
Il ne faut pas sous-estimer la crise, c'est un fait, elle est profonde et elle va durer à mon avis au moins deux ans si nous savons la mettre à profit pour trouver de nouvelles voies.
Si nous ne savons pas la considérer comme une opportunité unique de changement, elle durera une ou deux décennies et là ce sera vraiment la catastrophe parce que les pays en voie de développement eux, pourraient s'adapter bien plus vite que nous.
Je rejoindrai pourtant "xav" quand il dit que la presse a tendance à ne parler que des trains qui déraillent et jamais de ceux qui arrivent à l'heure.
Elle n'est pas "responsable" de la crise, mais elle la tartine à longueurs de colonnes, et ça participe de la morosité ambiante.
Nous avons BESOIN de bonnes nouvelles pour relancer l'espoir et le goût d'entreprendre sans lequel on ne s'en relèvera pas.
Rester toujours dans la critique et le dénigrement systématique ne résoud rien.
Rédigé par : minijack | 06/03/2009 à 16:40
@L'homme qui valait 11000 euros,
Sortir une vanne comme celle là avant 7h du mat, total respect :-)
Rédigé par : net en feu | 06/03/2009 à 12:43
Je reste sur ma faim : un pèlerinage savamment orchestré? peut on en savoir plus, des photos, des détails?
L'effet d'amorçage produit par le traitement journalistique de certains sujets peut être en effet extrêmement puissant...mais demander au journalistes d'endormir le peuple en regardant ailleurs ou en positivant c'est consternant de bêtise.
Rédigé par : Storyteller | 06/03/2009 à 10:46
J'aime beaucoup l'analyse économique de BCT : " rien ne changerait parce que tout le monde serre les fesses et attend que le plus gros soit passé " (message du 5 à 20h36).
A part ça, la ministre radieuse (voir photo) a bien raison de fustiger la presse : Sarko 1er a réussi à se mettre tout le show-bizz dans la poche mais pas encore TOUS les journalistes. Comment voulez-vous qu'on approuve sa politique ?
Allez, les journaleux : au boulot !
Rédigé par : Motus | 06/03/2009 à 09:10
@Xav : bravo pour votre lapsus : être moins "castrophiste" nous évitera à coup sûr d'être trop con cubain et nous raménera vers les voies du mariage, ce qui ne pourra que plaire incontestablement à Dame Christine !
Quand au "rayonnement" d'Orléans, nul doute qu'il est en marche puisque repris dans la bouche de la ministre et pas dans la presse. CQFD !
Rédigé par : Fansolo | 06/03/2009 à 06:58
Ce n'est pas les médias qui cassent le moral des français ,c'est ce gouvernement sourd , méprisant , stigmatisant et culpabilisant à tout va !!! Les banques se plaignent ? !!il y a déjà longtemps que nos poches sont vides !!
Super la photo :
Bachelot ,sourire de riche décompléxée maitrisant manipulations et contre-vérités.
Boutin , vraiment pas contente de Mourad ?
Hortefeux , le pro du chiffre: ++++ expulsions , Ministèredu travail : +++ chomeurs
Fillon se dit qu'il est bien dans la m****,songe t'il à envoyer un CV au Pôle emploi ?
Rédigé par : Eric Taillandier | 06/03/2009 à 00:34
et le fait que les créances pourries dans les comptes des banques européennes totalisent un montant presque EQUIVALENT au PIB de l'union européenne (entre 16000 et 17000 MILLIARDS de livres ! A peine plus en euros de nos jours...), c'est peut-être des réflexes de thésaurisation ???
Accuser la presse de catastrophisme est un sacré foutage de gueule quand on voit l'autocensure pratiquée. Quand on pense que le chiffre que je donne plus haut est issu d'un document de la commission européenne qu'AUCUN média national n'a cru bon de reprendre, ça laisse pantois. Il a juste fuité sur le site du Telegraph anglais ... avant que la rédaction "révise" l'article en catastrophe pour faire disparaitre toute mention et du document original et des montants en jeu, faudrait voir à pas inquiéter le petit peuple...
http://notasheepmaybeagoat.blogspot.com/2009/02/disappearing-163-trillion.html
Rédigé par : totoro | 06/03/2009 à 00:25
Visiblement le Poisson vit dans un monde où tout le monde a les poches qui débordent de billets. Ben oui quoi! En tout cas ce n'est pas le mien. J'ai beau regarder, je ne vois pas. A moins que pépère n'habite pas sur la même planète. Ceci dit il faut arrêter de nous prendre pour des billes.Les gens n'investissent pas et c'est la faute de la presse? Eh Ho l'autre! Moi, pauvre innocent qui a toujours cru que pour investir il fallait un minimum de monnaie! Ben non, il suffit d'avoir une presse qui dise du bien des banquiers et l'affaire est dans le sac! Pauvre banquier, si triste de ne pas être aimé, lui qui se fait un plaisir de prêter des espèces sonnantes et trébuchantes pour le bon peuple qui veut investir surtout en temps de crise. Et mémére Boutin qui a vu des visages radieux!. Vu la tête qu'elle tire sur la photo, elle file plutôt le cafard. Je vais vous dire, moi, politiciens qui avez inventé la machine à fabriquer des pauvres, Ministre(s) ignoble(s) qui élève la chasse à l'hommùe au rang d'institution, banquiers escrocs renfloués avec de l'argent public, sans aucun contrôle ni compte à rendre,Président de fédérations du bâtiment et autres, je vous le dis, il y a des coups de pieds au cul qui se perdent! Mais faites gaffe quand même, j'ai le bout de mes chaussures qui me démange!
Rédigé par : Doudou 45 | 05/03/2009 à 23:42
Elle rêve "Mémère".
La presse !?? Trop facile.
Croit-elle que le moindre métallo du fin fond de la France profonde ne s'est pas rendu compte que nous étions rentré dans une période de grande précarité et de turbulence. Les licenciements c'est pas nouveau. Depuis la fermeture des houillères de l'Est, de la sidérurgie, l'ouverture de Fos et j'en passe et des meilleures des pans entier de notre activité se sont étiolés, surtout dans le "centre" (fermeture des sous-traitants pour les sociétés d'armement.
Nous savons tous que nous devons nous serrer les coudes et être béat, crétin et satisfait ne sert à rien. Il faut regarder la crise en face et se battre pour que les politiques n'oublient aucune couche de la société.
Sarko a donné le mot "souriez vous êtes filmés" mais cela ne suffira pas. Le seul qui a la tête sur les épaules c'est Fillon dans ses déclarations.
Sous-estimer l'ennemi "Crise" ne sert à rien. Il faut se préparer au pire. La chute sera peut être moins douloureuse.
Ce qui est terrible là dedans c'est que tout le monde croit que la crise passera comme le reste mais une chose est vraie c'est que les cycles vont se réduire de plus en plus entre euphories et crises. J'ai entendu aujourd'hui un "traider" qui disait que rien ne changerait parce que tout le monde serre les fesses et attend que le plus gros soit passé mais rien n'est fait pour changer les choses.
Ce n'est pas du pessimisme mais du réalisme.
Rédigé par : BCT | 05/03/2009 à 20:36
Il est légitime de s'interroger sur l'impact du catastrophisme ambiant qui a suivi l'annonce des prémices de la crise financière.
Mettre le tout sur le dos des médias est peut-être exagéré, mais les réflexes de thésaurisation que les français ont eu ont été amplifiés par les médias.
Les français étant parmi les plus gros épargnants d'Europe, les milliards de la cagnotte du livret A ont été gonflés ainsi mécaniquement par les annonces négatives.
Autant d'argent qui n'a pas été dépensé, la cigale et la fourmi étant un gros morceau de notre culture.
Dans la société qui est la nôtre, aujourd'hui nous sommes gavés d'information, du matin au soir, dans la bagnole, au boulot, sous la douche... et il faut bien avouer que les médias traitent en priorité l'information qui interpelle laissant les trains qui arrivent à l'heure au rang de la sous-classe du publi-reportage.
Le traitement de l'information est toujours partisant, sur Libé aussi bien que dans Minute ou le Figaro. C'est ça la diversité.
Mais quand des informations traitent de ce qui fait avancer la société, elle est malheureusement reléguée au second rang. La presse écrite, TV ou radio étant avant tout un vendeur de contenu, elle traite de ce qui est commercialement le plus vendeur pour elle.
On ne va pas refaire le passé, mais qu'aurait-il été de l'impact de la crise si la presse avait été moins castrophiste et plus mesurée ?
Rédigé par : Xav | 05/03/2009 à 19:55