Les malades solidaires opposés à l'agonie de la sécu
MANIFESTE. Bruno-Pascal Chevalier et Cécile Moutte du mouvement Ensemble pour une santé solidaire, soutenus par Éric Taillandier, co-fondateur du collectif national Les malades solidaires (notre photo), réagissent dans les colonnes de LibéOrléans aux récents propos de Nicolas Sarkozy sur le financement des plans cancer, Alzheimer et soins palliatifs. Les deux collectifs militent activement contre l'instauration des franchises médicales.
CHRONIQUE D'UNE MORT ANNONCÉE
"Je n'ai fait qu'anticiper les besoins de demain : le cancer, la maladie d'Alzheimer, les soins palliatifs. Si on veut dépenser plus, il faut trouver des recettes. je suis vraiment à l'écoute de ceux qui veulent me donner des idées". Nicolas Sarkozy – Bletterans (Jura) 18 septembre 2008.
Depuis un an s’enchaînent à un rythme effréné annonces, revirements, décisions, mises en garde.
Plus le gouvernement s’acharne à vouloir «sauver» l’hôpital, la sécu, le système solidaire, plus ça va mal ! (Lire la suite...)
Or, le dernier rapport de la cour des comptes fait apparaître clairement que, depuis 2004, le déficit de la sécurité sociale est en majeure partie créé par des exonérations de charges accordées aux entreprises par les gouvernements de droite.
Cela nous apprend de façon très claire que le gouvernement, loin d’avoir une politique efficace de santé publique et loin de rechercher l’équilibre financier, est en fait celui qui creuse artificiellement le fameux «trou de la sécu» au nom duquel il prétend nous faire accepter tous les sacrifices.
Quoi ? Ce ne sont donc pas (au choix) les malades, les médecins, l’hôpital, la conjoncture, la fatalité… ?
Le déficit de la sécurité sociale est un mensonge d’Etat.
Un mensonge destiné à nous faire accepter l’inacceptable. Car ce n’est pas de l’incompétence. Ce n’est pas de la non-assistance à sécu en danger. Il s’agit bel et bien de l’assassinat, à petit feu, sous nos yeux incrédules, de la sécurité sociale et du pacte de 45.
En attaquant la santé sur tous les fronts, en démantelant l’hôpital
public, en créant la pénurie et le chaos, le gouvernement joue les
bulldozers et fait place nette pour le compte du privé.
Nicolas Sarkozy compte-t-il nous rejouer indéfiniment la même comédie,
aux ficelles usées, du pauvre président «obligé» de prendre des mesures
impopulaires?
Des idées ? Le mouvement « ensemble pour une santé solidaire » peut lui en souffler quelques-unes…
· 20 milliards € d’exonérations de cotisations sociales
· 1 milliard € de frais financiers liés à la dette de l’État (plus de
100 milliards cumulés, de 2002 –année excédentaire – à aujourd’hui.)
· 1000 millions d’€ qui relèvent des accidents ou maladies professionnelles
Auxquelles on peut ajouter :
· 3,5 milliards d’€ si on taxait les stock-options (proposition de Philippe Seguin, Président de la Cour des comptes)
Voire même aussi :
· 12,5 milliards d’€ de paquet fiscal
S'il est sourd aux propositions et à la colère des usagers, des soignants, des politiques, des syndicats, des associations, sera-t-il aveugle aux 700 000 signatures déjà recueillies, et qui continuent à s’ajouter chaque jour aux 210 000 que nous allons lui remettre solennellement ?
Si Nicolas Sarkozy lui-même estime qu’il n’est pas compétent pour le poste qu’il occupe, et dans un moment de lucidité nous appelle à la rescousse… Nous sommes là !
Mouvement Ensemble pour une Santé Solidaire
Bruno-Pascal CHEVALIER - 06 89 18 01 77
Cécile MOUTTE - 06 10 73 83 99
www.ensemblepourunesantesolidaire.fr
Eric Taillandier - Malade mais pas coupable
06 29 73 78 00
Collectif national Les malades solidaires
Vivre ensemble dans la dignité
www.lesmaladessolidaires.com
Membre du Mouvement Ensemble pour une Santé Solidaire www.ensemblepourunesantesolidaire.fr




Mouvement « ensemble pour une santé solidaire »
Communiqué de presse sur le PLFSS 2009 – 29 septembre 2008
La « politique santé » de Sarkozy c’est « arrêtons de soigner les malades, ça coûtera moins cher ».
Dans un contexte de crise mondiale où même les plus libéraux en appellent au retour de l’Etat régulateur –et protecteur- Sarkozy appelle, lui aussi, au retour de l’Etat… et en même temps accélère la destruction des services publics !
Le "trou de la Sécu" n’est pas un déficit mais "un besoin de financement" que les gouvernements de droite successifs ont délibérément ignoré, multipliant au contraire depuis 1993 les exonérations de charges sociales. L’affaiblissement de notre système de protection sociale, créé en 1945 pour donner "la garantie à chaque homme qu'en toutes circonstances il pourra assurer sa subsistance et celle de personnes à sa charge", n’est donc pas, comme on veut nous le faire croire, mécanique et inéluctable, mais bel et bien le résultat de choix politiques. Des choix au service non pas des malades et des usagers, mais d’impératifs économiques qui transforment maladie et santé en marché et les malades en « consommateurs de soins » et de médicaments.
Sans surprise, le PLFSS 2009 est un avant-programme peu réjouissant de régressions, déremboursements, réduction des prestations, hausse des cotisations de plus en plus insupportables en matière d’accès aux soins.
Sans surprise encore, pour défendre ce projet de loi indéfendable, Sarkozy et ses ministres enfoncent une nouvelle fois le clou, à vif et sans anesthésie, à coups d’arguments mensongers et de manipulations sémantiques qui tiennent plus du lavage de cerveau (au Kärcher) que de l’argumentaire politique.
Alors sans surprise aussi… mais quand même… certaines orientations de ce projet de loi atteignent des sommets dans l’immoralité et le cynisme.
Ainsi, il prévoit que, afin de contenir la progression des prescriptions de médicaments coûteux, comme les traitements anticancéreux, chaque hôpital pourrait être soumis à un plafond de dépenses. Et que "en cas de dépassement, l’établissement perdrait des crédits l’année suivante"
Traduction : l’hôpital public soignera les malades qui « rentreront dans l’enveloppe ». Selon quels critères de « choix », de « tri » des malades ? L’ordre chronologique d’arrivée ? Il vaudra mieux avoir un cancer en janvier qu’en décembre ! La gravité ? Poussera-t-on alors le cynisme comme aux USA, jusqu’à refuser le traitement, trop coûteux, mais à proposer la prise en charge à 100% du suicide médicalement assisté ? La tête du client ? Par tirage au sort ? Par numéro d’immatriculation (années paires ou impaires)… ?
Comment, COMMENT peut-on inscrire, en France, en 2008, dans un projet de loi, une préconisation aussi monstrueuse qu’absurde, qui aura pour conséquence immédiate de refuser des soins à des femmes, des hommes, des enfants, atteint de maladies très graves, et mourront peut-être faute de traitement ?!
Cette mesure totalement hypocrite de surcroît va permettre un véritable racket des malades par les assurances et les cliniques privées, qui seront le seul recours, pour ceux qui pourront payer, face à des hôpitaux publics obligés de refuser des malades et des soins.
La « politique santé » de Sarkozy c’est « arrêtons de soigner les malades, ça coûtera moins cher. »
Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2009 porte bien mal son nom.
Car il s’agit en fait de financer les 40 milliards de paquet fiscal, niches sociales et autres exonérations accordées aux plus riches, en refusant des soins ou en rackettant les malades.
Il s’agit de mettre à mort la sécu et l’hôpital, justement en les asphyxiant faute de financements.
Il s’agit de pousser les citoyens, désespérés, dans les filets des assureurs et des cliniques privées. En marketing ça s’appelle une « clientèle captive ». En langage pénal ça s’appelle du racket.
Le mouvement « ensemble pour une santé solidaire » exprime sa colère et son indignation face à ce projet de loi qui non seulement accuse à la place des vrais responsables les malades et ceux qui les soignent, mais en plus envisage aujourd’hui de les « punir ».
Nous dénonçons non seulement les fondements et les propositions de ce projet de loi, mais aussi sa malhonnêteté, son cynisme et son immoralité. Nous affirmons notre solidarité avec les malades, leurs proches, avec les soignants aussi.
Alors nous mettons le gouvernement et les parlementaires devant leur « responsabilité : dans le débat qui va s’ouvrir sur le PLFSS ils ne devront pas parler que d’argent. Ils auront à décider d’exclure ou de permettre l’accès aux soins, à des femmes, des hommes, des enfants. Quand on parle de santé, de soins, d’hôpital, de traitement, ce n’est pas que d’argent qu’on parle. C’est de malades, de souffrance, d’espoir, de guérison.
De vie ou de mort
Mouvement Ensemble pour une Santé Solidaire
http://ensemblepourunesantesolidaire.fr
Bruno-Pascal CHEVALIER - 06 89 18 01 77
Cécile MOUTTE - 06 10 73 83 99
Cécile MOUTTE
cmoutte@club-internet.fr
06 10 73 83 99
Rédigé par : chevalier | 29/09/2008 à 19:28
Merci pour ce rappel Christophe.
Je crois qu'il va falloir remettre en avant leurs responsabilités et ne pas hésiter à les citer.
L'affiche était excellente, à utiliser je crois.
Rédigé par : Circé | 21/09/2008 à 14:40
Peu de choses à ajouter à ce qu'à écrit Mourad, et aux commentaires d'Yves et de Circé, avec qui nous débattions autour d'un micro, il y a peu, sur le même sujet.
Pour répondre à l'interrogation de Circé "Qu'ont voté les députés du Loiret ?", je précise que j'ai répondu à cette question dans un article du 13 février : http://www.monorleans.com/article-16591170.html
Rédigé par : CDG | 20/09/2008 à 11:30
Il est très en forme Erik,
Et tant mieux ! Au moins une chose est sure et certaine c'est que nous ne faisons pas partie du cercle d'amis du Président.
Comme j'ai été heureuse lorsqu'Erik m'a appellé hier pour me signifier que j'étais une "mauvaise citoyenne" AOC Sarkozy.
Que voilà un grand compliment dans la bouche de ce monsieur.
C'est très rassurant pour nous de savoir que nous ne comptions pas au nombre de ses amis.
Car par les temps qui courent, recevoir les félicitations de ce personnage c'est être marqué du sceau de l'infâmie (préfecture), du mensonge d'état et du clientélisme à la petite semaine.
"Si ses amis ne méritent pas moins justice que le français lambda" dixit NS, ses opposants sont visiblement des moins que rien qu'il convient de désigner à la vindicte populaire.
Quel homme politique, vraiment.
Quelle tournure d'esprit, quel fin bretteur oratoire...
A presque lui retourner sa désormais célèbre répartie :
- " Casse-toi, mais alors casse toi, pauvre C...!"
Pour terminer, je rajoute que chaque Lundi après-midi nous serons désormais devant la CPAM pour récolter encore et toujours des signatures contre les franchises médicales.
Prochain RDV :
- Lundi 22 septembre 2008 et aussi ,
- Lundi 29 septembre, grand rassemblement devant la CPAM à partir de 16h30 de tous les Citoyens, associations, collectifs, syndicats et partis pour signifier notre attachement à notre système de soins solidaires et dire NON à la marchandisation de la santé, au déremboursement continuel des médicaments, aux franchises: véritables taxes sur les malades, au panier de soins et autres fadaises de notre Bonbon Rose nationale, non à la vente à la découpe de la sécu et de l'hôpital au plus grand profit des assurances privées, des fonds de pensions et actionnaires qui se frottent déjà les mains des profits juteux à faire.
Ce jour est symbolique puisque ce sera celui où RB présentera le plan sécurité sociale 2009 et taxera pour la énième fois les assurés que nous sommes via les mutuelles qui répercuteront sur leurs adhérents, prévision ; entre 3,5 et 8,5 % de hausse, à vos porte-monnaies s'l vous reste quelque viatique pour en avoir une !e.
Ce n'est décidément pas le pouvoir d'achat qu'il est allé chercher avec ses dents NS, mais bien notre argent, ne rechignant pas à racketter les malades, tout en les culpabilisant de ne pas cracher au bassinet de leur plein gré.
Signé: "La Mauvaise Citoyenne ",consommatrice de santé, ménagère de plus de 50 ans avec son panier de soins sous le bras !
PS : N'hésitons pas à demander des comptes à nos députés sur leur choix en la matière .
Où étaient-ils lors du vote des franchises ? Et qu'ont-ils voté ?
Rédigé par : Circé | 20/09/2008 à 00:43
Les hôpitaux vont devoir afficher leur taux de mortalité : ça, c'est une bonne idée qu'elle est bonne !!! Et les cimetières, c'est pour quand ???
Bientôt, comme au Chili, par exemple, il faudra d'abord prouver qu'on a les moyens de tomber malade et de payer ses soins !
Pour en savoir plus, allez vite sur le site de Radio Campus Orléans, téléchargez et écoutez l'émission "à bâtons rompus" de mardi dernier (16 sept.) consacrée aux "franchises" médicales.
Et rendez-vous le 29 septembre devant la CPAM d'Orléans avec Roselyne les sabots roses !!!
Rédigé par : Yves Pasco | 20/09/2008 à 00:37
"Quand on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage !" Voilà la stratégie suivie depuis plusieurs années (au moins depuis la pathétique réforme Douste Blazy) par la droite au pouvoir. Saper l'assurance maladie pour faire croire à son incapacité à faire face aux problèmes de santé des français ... et livrer les pans les plus profitables aux cliniques privées pour la délivrance des soins (contre l'hôpital), aux compagnies d'assurance pour la couverture (contre la sécurité sociale). Il n'est pas trop tard pour réagir ... mais il n'y a pas de temps à perdre. Accessoirement, pour "soigner" sa clientèle électorale, le gouvernement en place, et ceux qui l'ont immédiatement précédé, n'ont jamais longtemps hésité à accorder des augmentations des honoraires des médecins. 250 millions d'Euro d'un coup à chaque fois !
Rédigé par : Haddock de La Source | 19/09/2008 à 23:39